Albert Meslay, humoriste pas drôle

Publié le par Yves-André Samère

On repère, à la page 7 du « Canard » de cette semaine, un petit article rédigé par Albert Algoud (il ne signe jamais que de ses initiales, mais c’est bien lui), où, dans sa rubrique des variétés, il parle d’Albert Meslay, pour en dire beaucoup de bien. Copinage ? Ils ont travaillé dans la même émission de France Inter.

En effet, même si tout le monde l’a oublié, cet Albert Meslay faisait partie de l’équipe des humoristes dans le Fou du roi les premières années. Il n’y est pas resté plus d’un an ou deux, car le public ne riait jamais à ses blagues, assez obscures il faut le dire (Pline le Jeune revenait sans cesse dans ses papiers). Et son physique de brun moustachu, pas charismatique pour un kopeck, n’arrangeait rien, si bien qu’on l’a prié d’aller faire rire ailleurs, s’il y parvenait. Durant des années, on n’a plus entendu parler de lui, mais, comme Stallone, il revient, au Grand Point Virgule, et il va... ne rien casser du tout !

Meslay, quand je l’ai rencontré, je l’appelais Albert, mais aujourd’hui, je ne l’appellerais plus du tout. J’ai passé deux heures en sa compagnie et celle de Didier Porte, au Bar des Amis, en face du (petit) Point-Virgule, avec entre nous une ou deux bouteilles, mais les deux humoristes ont parlé toute la soirée d’argent et d’engagements dans les diverses salles, et Meslay ne m’a, à aucun moment, fait l’honneur d’un mot ou d’un regard. Quand, lassé de m’enquiquiner, je suis parti après un tour aux toilettes, j’ai fait un détour pour aller lui dire au revoir, et il m’a abandonné une main molle qui semblait appartenir à un autre, toujours sans un regard, sans un mot, sans un sourire, rien. J’ai su ensuite que le gars, sinistre dans la vie, était très porté sur la bouteille, et en ai eu confirmation quelque temps après, quand je l’ai croisé sur le boulevard de Sébastopol : il ne marchait pas vraiment droit, bien que l’état du trottoir n’y fût pour rien. Je n’ai pas tenté de le saluer, cette fois.

D’ailleurs, c’est extraordinaire le nombre d’humoristes que j’ai approchés, et qui boivent davantage que Christine Bravo ou Jean-Louis Borloo. Ce doit être une condition sine qua non pour faire ce métier. Et comme je suis sobre, cela explique sans doute mon manque d’humour.

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