Amis, pas amis

Publié le par Yves-André Samère

Aux États-Unis, où rien de ce qui est naze ne reste étranger à la vie tant privée que publique, et où la méfiance généralisée cause les ravages que vous savez, le Missouri vient de faire un grand bond en avant. Le gouverneur de cet État vient en effet de signer une loi originale – quoique… pas tellement, compte tenu de ce que je viens d’écrire au début de ce paragraphe.

Bref, là-bas, les professeurs ne pourront plus légalement être « amis » sur Internet avec leurs élèves ! Bien entendu, il s’agit de cette amitié à la mode de Facebook, et l’objectif de la loi est ce qu’on imagine : la protection des jeunes contre ceux qui voudraient les pervertir (toutefois, rien n’est prévu pour protéger les adultes de la perversité des jeunes, attendu que cette éventualité ne peut jamais se présenter). De sorte qu’« à partir du 1er janvier 2012, toutes les académies devront avoir publié un code de conduite écrit entre professeurs et élèves et entre employés et élèves. Ce code de conduite devra préciser les bonnes relations verbales ou non verbales entre ces personnes, dont les relations sur le web et sur les réseaux sociaux ».

Cela ne concerne pour le moment que les messages privés. Il sera toujours possible de s’adresser la parole en public. Cette initiative intelligente est due à une femme, une sénatrice nommée Jane Cunningham (rien à voir avec la famille Cunningham de Happy days, je suppose). Dans sa grande mansuétude, cette dame autorise les professeurs à créer un site Internet, à la condition impérative qu’il soit lié à leur fonction. De sorte que, si un professeur s’intéresse à autre chose, il lui sera impossible d’en parler.

C’est à cela qu’on reconnaît que les États-Unis sont bien le pays de la liberté.

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