Amour éternel (pour un citoyen normal)

Publié le par Yves-André Samère

Hier, j’ai terminé mon petit article sur les menteurs – un de mes sujets favoris, car il me fournit de la matière en abondance – par cette phrase : « Quant à son affirmation selon laquelle il ne souhaite rien d’autre que de vivre comme un citoyen normal et n’a aucune ambition politique pour l’avenir, elle ne mérite que le prix Pinocchio. Comme souvent, il ment ». Développons un peu, en me restreignant à un point.

Depuis sa défaite électorale il y a presque deux ans, le « citoyen normal » est en campagne électorale permanente et montre sa bobine partout – ce qui, soit dit en passant, ne fait pas l’affaire de celui qui voudrait bien entrer à l’Élysée, l’honnête Copé. Chaque fois que Carla Bruni chante quelque part, il est là et se fait acclamer par le public. Au point que ce manège commence à énerver un peu la chère Carlita, qui ne le dira jamais ouvertement, mais elle a déjà laissé échapper quelques indices, en se félicitant publiquement, en scène, d’avoir un si bon chauffeur de salle – sans dire qui, mais tout le monde avait compris. Comme elle est bien élevée, elle n’allait pas lui faire une scène ; néanmoins, quiconque a vu des époux commencer à se balancer quelques allusions perfides au cours d’un dîner, sur un mode tel que les invités n’étaient pas censés comprendre, voit venir la suite prévisible. Après tout, Hollande lui-même avait prétendu que Valérie Treweiler était « la femme de sa vie », avant de la virer sans ménagement par un simple message, chef-d’œuvre de laconisme, à une agence de presse. Histoire, sans doute, de compenser l’humiliation d’avoir, en 2007, été viré de la même façon par Ségolène Royal, juste après le second tour qui lui avait fait mordre la poussière – à elle. Tout cela est bien reluisant.

Bref, il n’est pas tout à fait farfelu d’imaginer que ce couple idéal, Nicolas-Carlita, durera ce que durent les roses. Avant eux, on en a connu à la pelle, des couples inséparables qui se sont séparés : les Taylor-Burton, mariés et divorcés deux fois ; Jean Dujardin et Alexandra Lamy ; Bernard Giraudeau et Any Duperey ; Brad Pitt et Jennifer Aniston ; Nicole Kidman et Tom Cruise ; Eva Longoria et Tony Parker ; Vincent Cassel et Monica Bellucci ; Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones ; Vanessa Paradis et Johnny Depp ; Anne Sinclair et DSK (« Nous nous aimons comme au premier jour », vous vous souvenez ?) ; Sarkozy lui-même et Cecilia (« Si tu reviens, j’annule tout », vous vous souvenez ?) ; Madonna et Guy Ritchie. Bon, j’arrête, ou nous serons encore là pour le Réveillon...

Finalement, non seulement ce clown ne sera pas réélu, mais il risque de connaître ce qu’a connu DSK lorsque Anne Sinclair, lasse de payer et de ne jamais le voir s’amender, a récupéré ses billes devant notaire le 28 décembre 2012, au bout de vingt ans d’amour éternel : elle lui a racheté pour seulement 200 000 euros les parts de la SCI qu’ils avaient constituée en se mariant, dont le plus beau fleuron était l’appartement de 240 mètres carrés au 13 place des Vosges, après avoir récupéré la totalité du riad de Marrakech dont elle possédait déjà les neuf-dixièmes depuis son achat en 2000 pour un peu moins de 500 000 euros. On la comprend : le même mois, elle avait versé cinq millions de dollars à Nafissatou Diallo en échange du retrait de sa plainte au civil, et avait dépensé près de quatre millions en frais d’avocats. Nous avons beau savoir que l’amour n’a pas de prix, il a tout de même un coût.

Un de ces jours, Sarkozy va se retrouver à la rue, puisqu’il n’a pas d’autre domicile que celui de sa femme ! Elle gardera tout, y compris leur fille. Et il devra faire comme Chirac : trouver un pigeon qui l’héberge gratuitement.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Le temps est élastique. Comme précisé dans l’article, les Sinclair-DSK sont restés ensemble vingt ans, mais ce n’est pas une garantie d’éternité. Aucune femme intelligente ne supporterait un mufle<br /> jusqu’à la fin de sa vie.
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D
Je suis surprise que ce couple dure si longtemps. Pas tellement le genre de la belle Carla. Surtout avec la délicatesse qui caractérise son époux "hein, qu'elle est belle ma femme". On aurait dit<br /> qu'il présentait un bovin au salon de l'agriculture.
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