Anne Frank censurée... par son père

Publié le par Yves-André Samère

Désopilante dérive de l’application insensée du droit d’auteur dont on nous bassine sans arrêt, l’affaire suivante : Anne Frank est cette jeune fille juive qui tenait son journal pendant l’occupation, par les nazis, des Pays-Bas où elle vivait. Elle a été arrêtée par ces grands humanistes, et a fini comme vous savez. Son journal a été récupéré par sa famille, et on l’a édité en 1947. Triomphe mondial, on en a tiré une pièce, plusieurs téléfilms, et un film en 1959, Le journal d’Anne Frank (réalisé par le grand George Stevens), tourné sur place, à Amsterdam, ainsi que dans les studios de la Fox. Et le nom d’Anne Frank est devenu célèbre partout.

Or il se trouve que le père d’Anne Frank a vécu jusqu’en 1980, et qu’il a participé à la publication et à l’édition du texte de sa fille, ce qui dans son esprit, faisait de lui le co-auteur du livre ! En réalité, il s’est contenté de supprimer les passages qu’il jugeait « trop osés ». Songez que cette gourgandine avait eu le culot de parler des changements de son corps (elle n’avait pas tout à fait seize ans à sa mort) et des désirs qu’elle commençait à ressentir. Inconcevable. Cet homme honorable a par conséquent bien fait de censurer ce livre honteux, pour le moins digne du marquis de Sade.

Le délai habituel de soixante-dix ans prenant fin en 2017, le livre aurait donc dû normalement tomber dans le domaine public en 2017, mais si on admet que le père est aussi auteur du texte, cela repousse l’échéance à 2050. Joli coup. C’est bon pour les familles, ça, une gosse qui rapporte, et aussi longtemps.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :