Antisémites et mère porteuse

Publié le par Yves-André Samère

En bon français, un antisémite, c’est quelqu’un qui n’aime pas les Sémites. Or ce mot, Sémite, vient de Sem, qui était le nom d’un des trois fils de Noé. Ce dernier, personnage dont l’existence est plus que douteuse, apparaît dans la Bible alors qu’il a déjà... cinq cents ans, lorsque Dieu lui ordonne de construire une arche (une grosse boîte, en fait, et pas du tout navigable) pour y loger les huit membres de sa propre famille, et aucun autre humain. Comme quoi le favoritisme, c’est dans la Bible, et pratiqué par le plus haut personnage qui soit ! Cela fait, et tous les animaux non humains ayant aussi été mis à l’abri, Dieu, histoire de montrer sa bonté infinie, noie la totalité de la population de la Terre.

Bref, une fois terminé le célèbre Déluge (mais d’où venait toute cette eau, et où est-elle passée ensuite ?), la famille de Noé, seule survivante, va donner naissance à toute la nouvelle génération d’êtres humains, et c’est Sem, l’aîné, qui va, euh... esSemer, si j’ose dire au prix d’une faute d’orthographe, et peupler, via ses descendants, la plus grande partie du Moyen-Orient, Juifs et Arabes compris. Donc, vous avez saisi où je veux en venir : les Juifs et les Arabes sont cousins !

Après cela, Dieu se choisit un favori, ce sera Abraham, qui, au début, se nomme Abram – de même que sa femme, Saraï, se nommera plus tard Sarah –, et ne me dites pas que l’orthographe n’a aucune importance, puisque la lettre H se prononce, en hébreu comme en arabe. Or l’histoire d’Abraham et de sa famille est très compliquée, et c’est là que Dieu invente le système de la mère porteuse.

En effet, la femme d’Abraham, Saraï, était stérile, et c’est fou le nombre de femmes stériles qui apparaissent dans cette malheureuse famille. Déjà âgée, elle ne peut espérer avoir d’enfant, et une idée lui vient, qui va s’avérer désastreuse pour elle : proposer à son mari de coucher avec sa servante égyptienne, Agar. Le truc marche, et Agar met au monde un garçon, qu’on appelle Ismaël. Du coup, elle snobe sa patronne, et les deux femmes en viennent à se détester. Pour arranger les choses, Dieu dé-stérilise Saraï, elle tombe enceinte et met au monde un fils, Isaac, lequel, du coup (bis), est plus légitime que son demi-frère aîné. Et Saraï obtient enfin que son mari chasse Agar et son enfant.

De cet enfant, né d’une mère égyptienne et qui plus tard épousera une Égytienne aussi, naîtront les Arabes. Quant à Isaac, il aura un fils nommé d’abord Jacob, qui prendra ensuite le nom d’Israël, et sera évidemment le père de tous les Juifs.

Si bien que, lorsque je lis que Juifs et Arabes ont jadis vécu en bonne intelligence, par exemple en Espagne avant qu’on commence à y persécuter les premiers, et que leur haine réciproque est née avec la création de l’État d’Israël, je me marre. En fait, ils se détestent depuis des millénaires. Et tout ça, à cause d’une mère porteuse !

Publié dans Humour, Sottises bibliques

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