Apple, une dictature

Publié le par Yves-André Samère

Il y a plus secret que la CIA ou l’ex-KGB : la firme Apple ! On a pu dire qu’Apple était l’anti-Silicon Valley, endroit où les entreprises ont à cœur de communiquer pour se faire connaître. Chez Apple, le secret est au contraire le principe sur lequel tout repose, et la confiance doit se gagner, comme les nouveaux apprennent à le savoir (à leurs dépens). En effet, on les engage souvent pour des postes... factices ! Et si leur ordinateur refuse de fonctionner, ils doivent se débrouiller pour le faire redémarrer : on vous a embauché, DONC vous connaissez l’informatique, alors, dépatouillez-vous tout seul !

Le secret sert à protéger les produits en cours de développement, tout autant que ceux qui existent déjà, et le packaging n’est pas exempt de ces précautions d’un autre âge. Jamais Apple n’annonce qu’il va faire ceci ou cela : il présente les nouveautés une fois qu’elles sont au point et prêtes à être vendues. Naturellement, pour faire monter la mayonnaise médiatique, il n’y a rien de plus efficace.

On sait que Steve Jobs avait quitté Apple, puis il y est revenu en 1997, plus puissant et tyrannique que par le passé, et son premier mouvement a été de casser les dirigeants déjà en place et de s’entourer d’une cour de lieutenants à lui seul dévoués. On appelait cela « retrouver l’esprit start-up » – comprenez : dominer ses amis tout en écrasant ses ennemis. Steve Jobs, qui n’était pas à proprement parler un inventeur mais avait un esprit de général en chef, voulait avant tout montrer qu’il n’y avait, au monde, rien de mieux qu’Apple, et que toutes les autres firmes étaient les ennemis d’Apple. Le résultat a dépassé toutes ses espérances : les clients d’Apple sont quasiment devenus les membres d’une secte. Le fait que les ordinateurs Apple ne sont pas si simples à faire fonctionner qu’on le dit, qu’ils souffrent d’une cruelle carence en logiciels (surtout gratuits !), qu’on ne puisse pas bidouiller avec un Apple, que les prix de tous les produits Apple soient excessifs, que tout ce qui doit fonctionner sur Apple soit verrouillé et vous oblige à vous fournir chez Apple exclusivement, qu’on ne peut pas réparer soi-même un ordinateur Apple (contrairement au PC, qui est modulaire et aussi facile à monter qu’à réparer) ni lui ajouter quoi que ce soit qui ne vienne pas de chez Apple, n’y est pas pour rien.

À cela s’ajoute un sens de la publicité qui dépasse de loin les limites de l’impudence : avez-vous remarqué que, dans les films, neuf personnages sur dix, lorsqu’ils utilisent un ordinateur, se servent d’une bécane signée Apple ? La firme a payé pour cette faveur. Dans le monde du cinéma, on appelle ça placement de produit !

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