Ardisson, Steevy et l’effet boomerang

Publié le par Yves-André Samère

Soyons un peu futiles, histoire de nous détendre. Les inconscients oisifs qui me font l’honneur (et font l’erreur) de me lire savent que je suis grand amateur de ce que j’appelle « l’effet boomerang ». Traduction pour les lecteurs infidèles ou épisodiques : c’est ce qui vous atteint lorsque vous faites le malin, reprochez quelque chose à quelqu’un, et que, dans la minute qui suit, le sort pervers vous fait tomber dans le même travers.

N’ayant rien de mieux à faire cet après-midi, je suis allé flâner sur le site de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel, pour les étrangers qui ne sont pas d’ici), et suis tombé sur une petite vidéo datant du 1er novembre 2003, extraite d’une émission télévisée de Thierry Ardisson, lequel n’est pas le moins cultivé des animateurs de télé, mais se trouve être un type assez puant sur le plan moral.

Or, ce jour-là, il recevait Steevy Boulay, entouré d’une brochette d’invités, acteurs et autres animateurs de télé – tous bien décidés à se payer la tête du jeune homme, le public étant dans le même état d’esprit bienveillant. Prétexte de l’invitation : Steevy venait de sortir un disque de comptines pour enfants, sur lequel il se contentait de présenter les chansonnettes. Rien de mal là-dedans : « Faut bien qu’ces gens bouffent », comme chantaient les Frères Jacques. Et, prenant un malin plaisir à feindre de prendre au sérieux le récent changement de coiffure du jeune homme, Ardisson planta sa banderille : « Avez-vous aussi décidé de faire moins de fautes de français ? ».

Bon gars comme on le connaît, Steevy rigole et ne dit rien. Mais, moins d’une minute plus tard, l’intervieweur cultivé (et tout et tout) croit spirituel, à propos d’une histoire de lapins amateurs de carottes, de commenter graveleusement « J’ai compris que c’est autobiographique, c’est de vous dont vous parlez ! ».

Patatras. La faute de français lui revenait en plein pif ! Effet boomerang.

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