Au goulag, le goulash !

Publié le par Yves-André Samère

C’est plus fort que nous, il y a des mots qui nous sont d’emblée antipathiques. Généralement, on ne cherche pas à savoir pourquoi. Question d’instinct. Sauf s’il s’agit du mot concupiscent. Et puis, un jour, on découvre qu’on ne s’était pas trompé.

Ainsi, chez moi, le mot goulash. Ce mot me répugnait d’instinct, comme je l’ai dit plus haut. Je savais qu’il s’agissait d’un plat préparé en Europe de l’Est, mais j’ignorais comment, et donc ce qu’il contenait. Non, comme ça, rien que la sonorité, je devinais que jamais je ne pourrais manger un truc avec un nom pareil. Alors que tchoutchouka, par exemple, ça ne me rebute pas. J’adore la tchoutchouka, et si je savais la préparer, j’en mangerais tous les jours. Et couscous, avouez que ce n’est pas non plus encourageant, un mot à ce point ridicule, néanmoins je tolère très bien, sauf s’il est préparé avec du mouton, une viande au goût vulgaire et qui ne sent pas très bon. C’est pourquoi je ne raffole pas d’être invité à manger le couscous au Maroc, où l’on estime que le mouton est un véritable délice (ils devraient essayer le couscous au porc, c’est sûrement fameux).

Pour en revenir au goulash, vous allez voir ce que c’est que l’instinct. Hier, je relisais un roman très connu de Johannes Mario Simmmel, On n’a pas toujours du caviar. Il raconte les aventures presque réelles d’un personnage qui ne rêvait que d’une chose : qu’on lui fiche la paix, afin de le laisser se livrer à ses petites et grandes escroqueries ; une sorte d’Arsène Lupin, en somme, très sympathique, mais que les circonstances de la Deuxième Guerre Mondiale ont obligé à devenir agent secret, sans que jamais il y perde une once de son raffinement et de sa culture. Or ce personnage, nommé Thomas Lieven dans le livre, est un excellent cuisinier, si bien que le récit de ses aventures est entrecoupé par… des recettes de cuisine ! Et – vous l’avez deviné – c’est ainsi que, sans l’avoir cherchée, je suis tombé sur la recette du goulash aux pommes de terre, à la page 106. Retenez votre respiration, c’est rude.

Faites revenir des oignons. Salez bien et assaisonnez de paprika. Ajoutez de la viande de bœuf coupée en petits dés. Avant la fin de la cuisson, ajoutez des pommes de terre, également coupées en petits dés. Attention : il faut autant de livres d’oignons que de viande. Pour terminer, ajoutez marjolaine et cornichons hachés.

Des OIGNONS ! Et cuits ! Si vous me lisez régulièrement, ce que je vous souhaite, vous savez déjà que je HAIS les oignons cuits.

Et voilà pourquoi mon instinct me disait que je n’aimerais pas le goulasch. La première réaction est toujours la bonne.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y

Dans tout et dans n’importe quoi, y compris dans des préparations qu’on aimait, et auxquelles il a fallu renoncer. Par exemple le boudin : impossible d’en trouver aujourd’hui, qui ne soit pas
pollué par cette horreur.

Je me souviens, la première fois que j’ai débarqué à Amsterdam : toute la ville sentait l’oignon cuit. Ils en mettent partout, quasiment.


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A

Ça alors ! Je croyais être le seul à ne pas aimer les oignons !
Le pire c'est que des oignons, les gens en mettent dans tout et n'importe quoi. Rien de mieux pour gâcher un plat, à mon goût.


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Y

Pas très futé, le commentateur, qui croit qu’on surmonte une réaction PHYSIQUE par de l’ouverture d’esprit (sic !).

On aimerait le voir sur un bateau, en proie aux affres du mal de mer, et combattant ses nausées par de la réflexion moralisatrice.

Quant à la pissaladière, oui, je sais ce que c’est, et il tombe sous le sens que je n’y toucherais jamais. Si un dictateur voulait me faire mourir de faim, il lui suffirait de me mettre en prison
et de me livrer, en guise de nourriture, que des plats contenant des oignons cuits.


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D

Et pissaladière ? Vous savez ce qu'est une pissaladière ?


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O

pas trés ouvert le type ,,, qque chose d'aussi bon ,,,ne pas connaitre et ne pas aimer,,,que de préventions !!!


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