Aurélie Filipetti, Prix Pinocchio-bis

Publié le par Yves-André Samère

Ça commence bien, la transparence, dans le nouveau gouvernement ! La nouvelle titulaire du poste de ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, s’est fait pincer lamentablement par le Petit Journal hier. Venue au Festival de Cannes dimanche pour en repartir mardi matin, elle a fait savoir qu’elle était « une cinéphile amoureuse du cinéma », ce qui est peut-être un peu pléonasmique. Bien entendu, tout le monde a compris qu’elle faisait comme tous ses prédécesseurs, elle était là pour accréditer la fable du « cinéma français qui se porte bien », fable que je conteste, mais ce n’est pas le moment d’en parler ici.

Là où elle a été prise la main dans le sac, c’est lorsqu’elle a affirmé avoir vu le film Amour, de Michael Haneke, qu’elle aurait trouvé « bouleversant », bien qu’elle ait dû s’absenter « un court instant ». Vicieux comme on les connaît, les enquêteurs du Petit Journal ont donc reconstitué son emploi du temps, et il en ressort ceci : Aurélie est bien entrée à 19 heures 13 dans la grande salle où l’on projetait le film à partir de 19 heures 45, mais, à 20 heures, France 2 annonce qu’elle interviendra dans le journal et la montre en direct dans un hall décoré de plantes vertes, attendant déjà de passer à l’antenne ! Donc, au mieux, elle est partie après un quart d’heure du film. À 20 heures 30, trois quarts d’heure après le début du film qu’elle a lâché en cours de route, elle est en direct à l’antenne sur France 2, et y reste dix minutes. Elle n’a guère pu, si elle l’a fait, retourner dans la salle de projection avant 21 heures... après avoir raté, excusez du peu, une heure et quinze minutes du film... qui dure deux heures et sept minutes.

De quoi, évidemment, le trouver bouleversant !

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