Bâillonnons les humoristes !

Publié le par Yves-André Samère

Le projet de loi Loppsi a été adopté définitivement lundi soir par le Parlement. Il doit maintenant passer devant le Conseil constitutionnel, mais ce ne sera pas de la tarte, car ledit Conseil n’a qu’un mois pour se prononcer, or la loi compte... 142 articles. On veut la mort des « Sages », par surmenage ? Halte aux cadences infernales !

En fait, ils vont probablement se concentrer sur deux articles concernant les libertés publiques vues par Internet. Intéressons-nous au plus rigolo, l’article 2.

Cet article, officiellement, vise l’usurpation d’identité, et dit que « le fait d’usurper l’identité d’un tiers ou de faire usage d’une ou plusieurs données de toute nature permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ». Ouf !... Si vous avez lu cette phrase avec l’attention que mérite son style aérien, vous avez peut-être noté que le champ d’application de la loi, si elle était approuvée, vise davantage que l’usurpation d’identité, mais prend aussi pour cible le simple « usage » de données d’un tiers. Or il est courant, aussi bien dans les journaux qu’à la télé ou sur Internet, de parodier les personnalités publiques en leur attribuant des propos qu’elles n’ont pas tenus ! Pensez aux Guignols, sur Canal Plus, ou au « Journal de Carla B. » dans « Le Canard enchaîné » : avec une telle loi, Carla pourrait poursuivre le Volatile, et tout le monde pourrrait attaquer les Guignols en justice !

Moi-même, à supposer que quelqu’un me lise (pas sûr !), je ne serais pas à l’abri. Il a bien dû m’arriver de parodier quelqu’un, dans un moment d’égarement.

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