Bienvenus, les pickpockets au Louvre ?

Publié le par Yves-André Samère

Durant deux ou trois ans, j’ai possédé une carte d’abonnement au Louvre, qui me permettait d’y aller à tout moment et de passer par une entrée réservée, évitant ainsi de faire la queue devant la pyramide où se trouve la principale entrée (insupportable, aussi bien quand il pleut que lorsque le Soleil tape). Puis j’ai abandonné, parce que ce musée est très encombré, et aussi, parce que c’est le rendez-vous de tous les pickpockets de Paris. Non pas que je craignais de me faire voler mon argent, puisque j’en ai rarement sur moi – sauf quand je reviens de Neuilly où je suis allé rendre visite à ma tante Liliane –, mais on pouvait, en me barbotant mes papiers, me priver... de ma carte d’abonnement au Louvre, un comble ! Il faut dire que la technique des voleurs est à la fois très naturelle et tout à fait au point : ils opèrent en bande, quelques-uns se chargent de détourner l’attention des gardiens (en allumant une cigarette, en feignant une dispute, en prenant une photo au flash, etc.), et d’autres en profitent pour faire les poches des touristes qui béent d’admiration devant la Joconde ou la Vénus de Milo, où ils se pressent en foules compactes. Au point que, il y a quinze mois, les agents de surveillance du musée se sont mis en grève et ont fait fermer tout le musée une journée entière, au grand dam des touristes : ils se plaignaient qu’on les poussait, qu’on les insultait, qu’on leur crachait dessus parfois.

Inévitablement, les étrangers ont mal pris cette fermeture : des pickpockets, il y en a partout, dans les grands magasins, dans le métro, au Forum des Halles, dans la rue. Si l’on fermait tous les endroits où sévissent les pickpockets, ce serait vite la ruine pour la ville entière, ou quasiment. Il n’y a pas eu d’autre grève de ce genre depuis, c’était une imbécillité.

Mais le plus drôle, ou le plus ridicule, avait été la réaction de l’administrateur général du Louvre, Hervé Barbaret, qui est le numéro deux dans l’organigramme du Louvre, après le président-directeur Jean-Luc Martinez, et qui a fait cette déclaration fracassante et complètement inattendue : « Les pickpockets ne sont pas les bienvenus au Musée du Louvre ».

Non, sans blague ? Je croyais qu’on allait leur dérouler le tapis rouge. Dans le style enfonçage de portes ouvertes, il est irremplaçable, Hervé.

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