Bruire ou bruisser ? (bis)

Publié le par Yves-André Samère

Hier soir, France 3 a diffusé la première partie d’un téléfilm historique, Le roi, l’écureuil et la couleuvre. Le roi, c’était Louis XIV ; l’écureuil, Nicolas Fouquet ; et la couleuvre, Colbert. Nous en verrons la seconde partie ce soir, mais ce début m’a semblé tout à fait honorable quant à la vérité historique : il montrait que Colbert fut un personnage plutôt avide, et qui, maître des finances de la France, s’est prodigieusement enrichi, tout en savonnant la planche de son ennemi intime Fouquet, lequel n’avait que le tort d’être riche, ce qui provoqua sa perte, le roi étant affreusement jaloux de sa fortune.

Je ne ferai de réserve que sur l’interprétation de Loránt Deutsch, qui composait un Fouquet plutôt curieux. Et puis, Deutsch passe pour être très cultivé, et on peut s’étonner qu’il ait accepté de dire une réplique telle que « La Cour BRUISSE en secret de nos petites rencontres ». À moins que Sa Majesté l’Empereur, elle-même dotée d’une culture à flanquer de l’urticaire à Émile Littré soi-même s’il était encore de ce monde, ait pris un décret ordonnant la mutation du verbe BRUIRE du troisième au premier groupe des verbes français, la Cour BRUIT mais ne BRUISSE pas.

Les dialogues étaient signés par Didier Decoin, autrefois écrivain, responsable de la fiction à France Télévisions, et qui en a commis bien d’autres.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Quoi qu’il en soit, le verbe « bruisser » n’existait pas avant le dix-neuvième siècle. Donc Fouquet est hors concours.
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D

Enfin, cher ami, "la Cour BRUIT..." personne n'aurait compris. Disons plutôt le "commun des mortels", c'est-à-dire des ânes incultes.
Du mépris ?


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