« Bruisser » ?

Publié le par Yves-André Samère

Autrefois, au « Canard enchaîné », on savait écrire, et ces messieurs du « Canard » (c’est le titre d’un livre de Jean Egen) se seraient fait découper en rondelles plutôt que de publier une faute de français. J’ai déjà donné quelques noms de grandes plumes qui écrivaient dans ce journal, je n’y reviens pas.

Tout cela est bien fini. À mon (très humble) avis, le ver dans le fruit a été introduit quand Yvan Audouard, écrivain méridional, et qui assurait jusqu’alors la chronique littéraire, a laissé sa place à Jean Clémentin (par ailleurs l’un des deux rédacteurs en chef du journal sous le pseudo de Jean Manan, et spécialiste de l’histoire du Parti Communiste), pour assurer la chronique de la télévision après le mort de Pierre Châtelain-Tailhade, qui signait Clément Ledoux. Or la chronique télévisée est considérée comme un sujet périssable, et Audouard a fait son travail par-dessous la jambe, ne prenant même pas la peine de se relire. Si bien que les fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe et de typographie ont commencé à fleurir. Elles continuent d’autant plus qu’il ne reste aucun bon écrivain au « Canard », si l’on excepte Pierre Combescot, qui, sous le pseudo de Luc Décygnes, assure la chronique de la danse classique et de l’opéra, dans un style assez grivois et vulgaire, et que probablement personne ne lit.

Vérifiez, par exemple dans le numéro du « Canard » paru cette semaine. En page 2, colonne 3, huit lignes avant le bas de la colonne, vous lirez ceci : « L’Assemblée nationale bruisse déjà des rumeurs sur le séjour égyptien de Fillon ». Comme beaucoup d’incultes, le rédacteur nous invente un verbe bruisser qui n’existe pas. En français, on n’a que le verbe bruire : je bruis, tu bruis, il ou elle bruit, l’Assemblée bruit. Cette faute commence à traîner un peu partout, et cela devient lassant.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :