Byte contre bit

Publié le par Yves-André Samère

Vous n’êtes pas convaincu que les marchands de téléphone et d’Internet vous roulent ? C’est peut-être que vous possédez quelques points communs avec la majorité de la population française. Excusez-moi d’avance si je parais un peu désobligeant, mais ça n’a rien de personnel, car je me borne à constater que les neuf-dixièmes des Français ont perdu toute notion d’orthographe, et qu’en outre, ils délaissent de plus en plus les majuscules : voyez les messages que vous recevez, ils sont le plus souvent entièrement rédigés en minuscules ! Faut comprendre, appuyer sur la touche <Maj> de son clavier, c’est fastidieux, voire épuisant. Il est donc normal qu’on ne fasse plus la différence entre « b » et « B ». Vous ne me suivez pas ? J’explique.

En informatique, toutes les données sont codées en chiffres binaires, sous la forme d’une succession de bits (abréviation de binary digit, soit « chiffre binaire » – en clair, 0 ou 1 uniquement). C’est le seul langage que l’ordinateur puisse utiliser, puisqu’il fonctionne avec de l’électricité et que ce fluide n’a que deux états : soit le courant passe, et cela est interprété comme 1, soit il ne passe pas, et cela équivaut à 0. On n’a rien trouvé de mieux, de plus simple, de plus rapide. Mais ces suites interminables de zéros et de uns seraient incompréhensibles si on ne les groupait pas, ce que l’on fait par paquets de huit, appelés octets. Donc un octet, c’est huit bits. Or, admirez le hasard, en anglais, octet se dit byte (prononcez « baïte »), ce qui ressemble assez à bit pour que les gens qui ne sont pas au courant ou ignorent l’orthographe, surtout l’anglaise – donc la majorité des Français, vous voyez que j’y reviens – confondent les deux. Il a donc été convenu que les abréviations seraient b pour bit et B pour byte. De sorte que 1 B = 8 b.

Inévitablement, les marchands de soupe qui vous vendent votre connexion à Internet se sont engouffrés dans cette brèche, et lorsqu’ils font la publicité de leurs débits mirifiques, ils escomptent bien, lorsqu’ils annoncent un débit de, par exemple, 100 Mb par seconde, que vous croirez qu’il s’agit de cent millions d’octets par seconde (100 MB), alors que ce seront cent millions de bits, huit fois moins par conséquent.

Des tas de sites permettent de mesurer votre débit réel. Faites l’expérience, et vous verrez bien. L’escroquerie est évidente.

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