Camerone

Publié le par Yves-André Samère

La Légion étrangère, dont on ne parle plus beaucoup, est sans doute le seul corps militaire qui commémore, et avec quel éclat, une... défaite ! Il s’agit de Camerone.

On sait que Napoléon III, poussé par les banquiers européens qui s’estimaient grugés par la décision du président mexicain Juárez de ne plus rembourser l’argent qu’il leur avait emprunté – c’était en juillet 1861 –, avait décidé d’installer au Mexique un régime qui serait favorable à l’Europe, histoire, au passage, de contrebalancer l’influence des États-Unis. Il avait choisi Maximilien, frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph, pour régner là-bas. Et, le 31 octobre de la même année, il fait signer un accord en ce sens avec les Espagnols et les Anglais, pour envoyer sur place un petit corps expéditionnaire. Mais, deux ans plus tard, Espagnols et Anglais se retirent de cette affaire foireuse ; ne restent que les Français. Napoléon le Petit envoie donc des renforts au Mexique, dont la Légion étrangère. C’est là que se place la fameuse bataille de Camerone, le 30 avril 1863, où les légionnaires, à soixante contre deux mille, se sont montrés héroïques, ce qui ne les a pas empêchés d’être battus ! Les prémices de cette histoire ont donné lieu à un film de Robert Aldrich, Vera Cruz, brillant mais tout à fait fantaisiste.

Les Français ont néanmoins réussi à imposer Maximilien en 1863, après avoir renversé la République, ce qui était bien dans les habitudes du prétendu neveu du Corse. Mais cela n’a pas duré, car ils ont dû affronter la guérilla conduite par Juárez, puis la menace des États-Unis. Ils sont partis en 1867, abandonnant Maximilien, qui a été fusillé !

On voit que, de bout en bout, cette affaire a été glorieuse. Cela valait bien de fêter Camerone !

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