Ce n’est pas la girouette qui tourne...

Publié le par Yves-André Samère

De tous les charlots qui ont composé les divers gouvernements depuis l’élection de Sarkozy, j’avoue une préférence pour Rama Yade. Vous me direz qu’il conviendrait de féminiser le terme, et de parler plutôt de « charlotte », mais je me demande si ce serait bien compris, vu les nombreux sens de ce mot. Ou alors, on pourrait opter pour « LA charlot », puisque la MO-DER-NI-TÉ à laquelle nous sommes tous attachés exige qu’on dise aujourd’hui « LA ministre »...

Hélas, à force de la voir tirer sur la ficelle, les co-princes qui nous gouvernent ont dû se passer, à leur corps défendant bien sûr, de l’universelle compétence de madame Yade. Priée de retourner à ses chères études, elle a donc cru pouvoir être repêchée, d’une manière ou d’une autre et comme le veut la coutume : un strapontin dans une sinécure, ça ne se refuse pas, et même au sommet de l’État, il convient de ménager l’avenir et de ne pas réduire bêtement sa clientèle (au sens romain du terme). Hélas (bis), Sarkozy ne doit pas être dans une de ses bonnes décennies, et la machine à distribuer les sucettes de consolation doit être un peu grippée. On a vu ainsi le pauvre Estrosi, viré du gouvernement – où il faisait pourtant merveille – pour cause de double appartement de fonction, et pansé au moyen d’une mesquine Légion d’Honneur décernée en catastrophe en dehors de la période légale, s’en prendre véhémentement au présiblique de la Répudent et lui lancer « Tu t’es comporté avec moi comme une ordure ». Shocking. Quant à Rama Yade, c’est pire : ayant refusé de devenir le porte-parole de l’UMP, elle espérait un poste dans le parti, promis par Sa Majesté, et s’est enquise auprès de Copé pour savoir quel petit cadeau on lui réservait, mais Copé n’avait rien dans son frigo et lui a fait savoir qu’il était urgent d’attendre.

On a vu ce matin la réaction élégante de la donzelle : elle a quitté le parti pour aller rejoindre le Parti Radical de Borloo. En voilà une qui ne cherche pas à masquer ses rancunes sous un inutile fond de teint.

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