Charabia radiophonique

Publié le par Yves-André Samère

« Pourquoi est-ce que cette mobilisation vous tient-elle à cœur ? », demande ce matin Clara Dupond-Monot à Jack Lang, à propos des manifestations des intermittents du spectacle, qui menacent d’interrompre les festivals de l’été prochain.

Ce charabia n’est pas étonnant, il est dans la ligne de la dégradation syntaxique sur France Inter, où, désormais, on compte sur les doigts d’une main les journalistes et animateurs capables de ne PAS massacrer la langue française.

Pourtant, c’est bien à l’école primaire qu’on est censé apprendre une règle aussi simple que l’interrogation : pas de doublons dans la phrase ! Soit on dit « Pourquoi cette mobilisation vous tient-elle à cœur ? », soit, en plus lourd, « Pourquoi est-ce que cette mobilisation vous tient à cœur ? ». Mais, pour un journaliste français, ce doit être trop difficile.

(NB : ne pas chercher des excuses à ces cancres. Toutes les questions qu’ils posent à l’antenne, ils les ont d’abord ÉCRITES, donc ils ont eu le temps d’y réfléchir)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Ma règle, c’est celle-ci : quand on a l’honneur de parler au pays entier, la moindre des politesses, c’est de le faire correctement. Je dis assez souvent que manquer à cette règle, c’est comme
d’inviter quelqu’un à déjeuner, et de le servir dans des assiettes sales.
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P
Effectivement, j'allais presque dire que lorsqu'on est en direct on peut se tromper, mais cette faute-ci est tout de même assez énorme et m'écorche les oreilles... Et je suis un peu monomaniaque
sur le respect de la langue. Je ne dis pas que je ne fais jamais de faute, loin de là, mais je trouve que lorsqu'on est écouté par un public on se doit d'être particulièrement attentif à notre
façon de parler.
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Y
C’est ce que je me tue à dire, et je ne suis pas près de lâcher le morceau. Parce qu’enfin, après les échecs de notre cinéma, de notre théâtre, de notre musique, et... de nos politiques, tout ce
qui nous reste de bien dans ce pays, c’est notre langue.

Donc, quitte à sembler passéiste, il faut dénoncer ce recul de la culture.

(Et Jack Lang aurait dû remettre cette péronnelle à sa place. Après tout, la faute n’a pas dû lui échapper)
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D
Mes oreilles ont un peu saigné ce matin mais comme vous cela ne m'étonne plus.
Le problème c'est que ces idioties vous occupent l'esprit et le temps de se faire quelque réflexion énervée...on perd le fil de la conversation ou de la chronique. C'est très agaçant.
I le semble que les professionnels de l'écrit, même si c'est à la radio, devraient représenter une sorte de modèle pour le langage.
Ne nous étonnons pas d'entendre à longueur de journée des "si j'aurais venu" ou le "pull à Kévin" dans la bouche de lycéens qui ont pourtant en principe derrière eux quelques années d'apprentissage
de la syntaxe.
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