Chez moi, c’est zéro !

Publié le par Yves-André Samère

Rien de plus ridicule ni de plus irritant que cette manie qu’on a, dans les milieux artistiques, de s’embrasser sans cesse : soit en direct, quand un confrère est présent, soit à distance, quand on est à la radio ou à la télévision et qu’on parle d’un absent, « qu’on embrasse », évidemment, et ça ne rate jamais.

C’est d’autant plus grotesque qu’il n’existe AUCUNE profession où l’on se déteste autant. Parce qu’on se jalouse, et que, pour tel artiste ou assimilé, tout autre artiste est un concurrent. Si j’avais eu la velléité de faire du théâtre ou du cinéma, rien que cela m’en aurait dissuadé.

Mais là où plus rien ne va, c’est que cette manie gagne tous les milieux. Imaginez la scène : vous êtes attablé à une terrasse de café avec un couple de vieux amis. Une fille arrive, qui est de leurs relations, mais que vous ne connaissez pas. Vos deux amis se lèvent et l’embrassent. La fille se tourne vers vous et attend alors que vous fassiez de même. Mais au nom de quoi devrais-je embrasser une personne que je ne connais ni des lèvres ni des dents, dont j’ignore le nom puisqu’on n’a pas pris la peine de me le dire (ces choses-là sont sous-entendues, on DOIT deviner à qui on a affaire), et dont je suis à peu près certain que, de toute mon existence, je ne la reverrai plus jamais ?

Vous connaissez le truc de ces gens qui viennent de régions différentes et qui se lancent dans des séries de pourléchages aussi embarrassées qu’interminables : « C’est moi, c’est trois. – Et chez moi, c’est quatre. – Ah ? Chez moi, c’est deux ».

Bande de ploucs lécheurs de poires, chez moi, c’est zéro !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je signe la pétition. À deux mains, si vous le voulez bien.

Pour la pétition sur les Champs-Élysées, il faudra demander à Manuel Valls. Et vite (la dernière fois, Valls a mis l’temps).
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D
Rhaaaa...le supplice des quatre....par un mal rasé.
Des trois:par où on commence et QUAND est-ce que ça finit?
Des deux: clac clac...on préfèrerait presque une claque.
Une: ça n'existe même pas...sauf quand cela a du sens (à son enfant)
Le polypoutou est un fléau: je propose de créer un collectif pour demander son abolition:
1)on fait une pétition
2)quand il fera beau on défilera sur les Champs Elysées.
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D
On est deux. Vous ne pouvez pas savoir les stratégies d'évitement que j'ai développées pour éviter d'embrasser ma belle-mère le matin.
Je dois avoir la tête d'un lapin pris dans les phares d'une voiture quand elle arrive à me piéger.
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