Contre le foot

Publié le par Yves-André Samère

Je n’ai rien contre le football en tant que jeu, mais je lui donne à peu près autant d’importance qu’au jeu de domino – qui, lui aussi, peut être un sport de plein air, pour peu que vous y jouiez à la terrasse d’un café. Mais, là où ça ne va plus, c’est lorsqu’on tente de nous faire avaler que le foot est une grande cause nationale, et qu’il permet de développer un tas de qualités morales. Or, visez un peu les qualités morales développées par le football : âpreté au gain ; goût de la compétition satisfaisant toutes les variantes de la vanité ; chauvinisme et nationalisme ; encouragement au racisme ; violence ; bêtise crasse ; prostitution, aussi bien au bénéfice des professionnelles qu’à celui des joueurs (ben oui, quand un champion de foot vend son « image » à une marque de téléphone ou d’eau minérale, que fait-il d’autre que se prostituer ?) ; oubli des réalités sociales (en ce sens, le gouvernement brésilien, et le chinois et le russe avant lui, se sont couverts de gloire) ; mépris des admirateurs de ce sport ; et, last but not least, perversion du pouvoir politique.

Sur ce dernier point, ne pas oublier que TOUS les présidents de la Cinquième République ont affiché leur passion réelle ou supposée du football, les pires étant les deux derniers, Sarkozy et Hollande. Franchement, est-il dans les prérogatives d’un chef d’État de recevoir au palais présidentiel une poignée de sportifs connus, afin de regarder en leur compagnie un match de football, de faire la hola, et surtout, de se faire filmer pendant cet exercice ? Le goût du sport, chez un président, devrait rester privé : le rendre public, c’est de la démagogie, et cela n’a rien à faire dans un journal télévisé. En outre, et comme on bafoue ainsi les citoyens qui n’aiment pas le foot, en leur faisant sentir qu’ils sont en quelque sorte anormaux de ne pas partager les goûts de leur président « normal », c’est plutôt indécent. Mitterrand, qui est le modèle de François Hollande, détestait l’opéra, mais il ne l’a jamais fait savoir.

Naturellement, j’étends cette critique aux Jeux Olympiques. De Gaulle lui-même n’a pas désapprouvé cette coutume ridicule et non constitutionnelle de « déclarer ouverts » les Jeux Olympiques, alors que ces Jeux sont aussi pourris que le foot. Aura-t-on un jour un chef d’État comme Félix Houphouët-Boigny, qui présidait la Côte d’Ivoire, et qui, non content d’avoir quitté le stade qui portait son nom immédiatement après avoir ouvert le match de la Coupe d’Afrique, avait déclaré dans une interview qu’il préférait de beaucoup... la boxe et le cyclisme ?

Chers passionnés de sport qui entretenez votre forme physique en trépignant devant un téléviseur, si vous revêtiez plutôt un maillot et descendiez sur la pelouse, pour changer ?

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