Contre les oukases

Publié le par Yves-André Samère

Vous savez ce qui m’horripile ? Oui, je vous entends d’ici, bande de malveillants qui ricanez pour me rétorquer « Beaucoup de choses, espèce de grincheux ! ». Ouais, il n’empêche que j’ai mes raisons.

Donc, ce qui m’horripile, parmi dix mille autres raisons de râler, c’est la bêtise crasse du CSA. Oui, le trop fameux Conseil « supérieur » (sic) de l’audiovisuel, cette assemblée de paltoquets qui se prennent au sérieux et prétendent régenter tout ce que nous regardons à la télé ou entendons à la radio. Déjà, c’est bien eux qui ont imposé ces macarons ridicules précisant, sur les films à la télévision, l’âge limite des jeunes autorisés à les regarder. Vous imaginez l’imagination et l’intelligence qui ont inspiré cette décision, et l’efficacité de cette mesure terrorisante. Ils doivent trembler dans leur lit, les jeunes, le soir, en visionnant des films d’horreur sur le téléviseur que leurs parents, avisés comme tous les parents, ont pris soin d’installer dans leur chambre. En quand je dis « films d’horreur », je minimise, car ils en voient bien d’autres. Passons...

Or le CSA se mêle aussi de ce que nous buvons, et c’est ce à quoi je voulais en venir : il est IM-POS-SIBLE à un bavasseur de micro de citer le nom d’une boisson un peu alcoolisée, ne serait-ce que du cidre, sans ajouter niaisement « À boire avec modération ». Rien qu’aujourd’hui, dans son émission sur RTL, Stéphane Bern, toujours terrorisé de faire quelque chose de mal,  s’est plié par deux fois à cette injonction, juste parce qu’il avait prononcé le mot cidre !

C’est pourquoi je pose une question : supposez qu’un type un peu moins trouillard que la moyenne s’avise de ne PAS suivre la consigne des cinglés du CSA. Vous croyez vraiment qu’on le flanquerait à la porte sans indemnités ? Il suffirait sans doute que l’ensemble de la profession s’entende pour dire qu’elle en a marre de ces règles puériles, et pour faire la grève de la modération avant boire, pour que l’oukase s’effondre dans le ridicule. Losrque des paysans bretons répandent du fumier sur le seuil d’une préfecture ou flanquent le feu à la perception locale, qu’est-ce qui leur arrive ? Rien. Parce que le nombre fait la loi, et c’est ainsi dans tous les cas.

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