Corriger Houellebecq

Publié le par Yves-André Samère

Je viens de terminer le Soumission de Michel Houellebecq. Terminer de le corriger, je précise, car le fichier EPUB obtenu en passant le fichier PDF d’origine à la reconnaissance optique des caractères était criblé de fautes, dues aux taches, aux pages de guingois, et au fait que les espaces insécables ne sont jamais reconnus ! Pour tout vous dire, on avait scanné deux fois de suite la même page, et le doublon s’est retrouvé, tel quel, dans le fichier distribué un peu partout, car personne n’a vérifié le travail. Sans compter les passages trop flous pour être reconnus et, faute de mieux, insérés comme images, ou une citation de Khomeiny qui avait mystérieusement disparu. Nul, non plus, ni l’auteur ni l’éditeur, n’a vu la cocasse coquille à la quatrième ligne de la page 163, où il est question d’un « départ à la retraire » (sic) : vérifiez dans n’importe quelle librairie !

Cela dit, Houellebecq, auteur encensé partout, n’écrit pas si bien que cela. Dès la première page, au troisième paragraphe, il dit que « Joris-Karl Huysmans débuta sa carrière », il se débrouille très mal avec la ponctuation, et colle des guillemets partout dans les dialogues, encadrant chaque réplique, alors que la tendance typographique est de les y raréfier un peu.

J’ai donc converti le fichier EPUB vers le format RTF, qu’on peut modifier facilement, et, ce travail terminé puis le résultat revérifié, je reconstruirai un fichier EPUB sans faute, que j’enverrai au distributeur dont j’ai déjà parlé. Si, après cela, on ne me décore pas, c’est à désespérer...

Ce que je pense du livre ? Je ne comprends pas les réactions hostiles qu’il a suscité, comme l’indignation d’Ali Baddou, de Canal Plus, qui a prétendu avoir eu envie de « gerber » (c’est son mot) en le lisant. Tout cela vient de ce que trop de lecteurs prennent au sérieux ce qui n’est qu’une grosse blague provocatrice de ce farceur qu’est Houellebecq. Si Houellebecq n’était pas un farceur, vous croyez vraiment qu’il aurait accepté de jouer en vedette dans un navet fabriqué par les deux mal élevés de Groland ? Film qui a connu un bide noir.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Exact. Parler de « brûlot », c’est ne pas connaître le sens de ce mot. On a en réalité un roman pince-sans-rire, dans lequel le narrateur, à la fin, se convertit à l’islam. J’ai bien ri.
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C
Je suis d'accord pour dire que traiter ce livre de brulot contre l'islam, c'est dire qu'on ne l'a pas lu.<br /> C'est bien davantage une critique de la lachete humaine, capable de compromissions pour trouver un sens a la vie.
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