Corruption ministérielle

Publié le par Yves-André Samère

C’est assez pittoresque, le délit vu par les yeux d’un ministre. L’avocat Bourgi affirme avoir transporté lui-même des valises d’argent liquide qui lui a été remis par des chefs d’États africains, puis avoir remis cet argent à des hommes politiques français – et peu importe lesquels. Il y a donc eu importation, non déclarée en douane, de grosses sommes ayant servi à subventionner illégalement des partis politiques. C’est un délit.

Cet avocat raconte cette histoire au ministre de l’Intérieur, un nommé Nicolas Sarkozy. Logiquement, un ministre de l’Intérieur informé d’un délit informe la Justice. Eh bien là, non ! Le ministre en question garde la confidence pour lui. Et quelque temps plus tard, devenu président de la République, il… décore le délinquant de la Légion d’Honneur, puis, dans un discours public, le félicite de sa discrétion et l’invite à travailler désormais pour lui, le ministre décoreur.

Le fait n’est pas douteux : il a été filmé, et diffusé hier soir à la télévision.

Dans n’importe quel pays civilisé, le scandale serait énorme, et tout ce joli monde serait traduit devant un tribunal. Chez nous, rien. Une fois de plus, l’Europe aura de nous la meilleure opinion possible.

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