Critique de la critique

Publié le par Yves-André Samère

C’est quasi-automatique : lorsque, guère convaincu par un film, vous l’avez un peu étrillé en expliquant pourquoi, si un quidam est éperdu d’admiration devant ce chef-d’œuvre et s’il désire vous signifier son désaccord, c’est rarement avec la courtoisie qu’on doit a priori aux inconnus.

Au contraire, mêlées à toutes sortes de suppositions hasardeuses que De Gaulle aurait attribuées à « la hargne, la rogne et la grogne », reviennent avec régularité les accusations de ne lire que « Voici » (journal pourtant mieux écrit que la plupart des missives qui vous tancent), et de ne regarder que TF1 – plus précisément, Star Academy ou tout autre émission relevant de la prétendue télé-réalité. D’ailleurs, pour bien faire et marquer la différence entre lui et vous, le correspondant manque rarement, en passant, de préciser qu’il n’a pas la télévision, ce qui lui permet de tout savoir sur ce qu’elle diffuse.

Cela me rappelle une sous-titreuse de séries télévisées que j’avais mentionnée dans un article très général sur les sous-titres, paru ailleurs qu’ici, et sans insister davantage sur sa personne, que je ne connais pas : elle m’avait bombardé de messages furibards, avait fait la même référence à « Voici » – ce journal les obsède –, et avait exigé un droit de réponse... qu’elle attend encore, puisque je ne l’avais pas diffamée.

Moi, spectateur de TF1 ? Chaîne que je traite de « Télé-Poubelle » à longueur de pages... C’est une curieuse tournure d’esprit, lorsque vous critiquez à l’occasion une chaîne de télévision, par exemple Arte, d’en induire que vous êtes fan d’une autre, par exemple TF1. On peut critiquer les deux, quand on dispose de sa liberté intellectuelle. Ce que les êtres primaires ont du mal à comprendre.

Pourquoi diable ne pas admettre qu’autrui peut penser différemment ? Certains de mes amis ont détesté Angels in America, par exemple, téléfilm de six heures, réalisé par Mike Nichols, et que j’ai porté aux nues. Pourtant je n’ai pas ressenti l’envie de leur arracher les yeux. Ce n’est pas de la tolérance, c’est être civilisé, tout simplement. Ils sont eux, je suis moi. Et alors ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Mais je travaille au rasoir. La preuve :<br /> <br /> www.kinopoivre.eu/album/Chien_andalou.jpg
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D
...ou parce que vous n'avez pas l'outil arrache-yeux.
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