Critiquer les films à la télé ?

Publié le par Yves-André Samère

À la télévision, l’un des travers les plus ridicules consiste à diffuser de fausses émissions sur le cinéma. Pourquoi « fausses » ? Parce que ce sont en réalité des émissions publicitaires, et, dans neuf cas sur dix, vous y chercheriez vainement la moindre critique d’un film. La plupart du temps, et avec un culot de charlatan, on s’y obstine à présenter comme des documents exclusifs, présentés en avant-première, ce qui s’avère, en fin de compte, n’être que de vulgaires bandes-annonces passant déjà dans toutes les salles. Donc de la publicité qui, non seulement n’a pas été difficile à trouver, mais qui est fournie automatiquement par les distributeurs à toutes les chaînes – autant dire que les responsables de ces émissions n’ont pas à se fouler beaucoup pour alimenter leurs rubriques. Je vous recommande tout particulièrement les émissions populaires de Canal Plus, comme le Grand Journal, où quotidiennement viennent faire leur « promo » les vedettes et auteurs des films qui sortent quelques jours après : jamais on n’y entendra la moindre réserve sur leurs chefs-d’œuvre, et le chauffeur de salle veille bien à ce qu’on les acclame (il faudra, quelque jour, que je vous parle des chauffeurs de salle).

C’est d’ailleurs la même chose à la radio, si l’on excepte Le masque et la plume, où la critique des films passe un dimanche sur deux. Oui, mais les critiques invités sont plutôt médiocres, à une ou exceptions près, et songent davantage à faire un numéro qu’à informer honnêtement les auditeurs. Certains pitres dépassent les limites du lamentable et de l’indécent ; il y a par exemple un certain Xavier Leherpeur, qui voudrait tant être le nouveau Jean-Louis Bory et mise tout sur son numéro de folle (il y a un autre homo dans l’équipe, mais lui au moins sait se tenir). De plus en plus souvent, ces incapables (noms écorchés, renseignements faux ou périmés, griefs imaginaires, copinage, ignorance des faits mentionnés) se font insulter – à juste titre – dans le courrier des auditeurs, mais rien n’y fait, le producteur-présentateur, Jérôme Garcin, y invite  – et rétribue – ses copains. Classique.

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