D’où viennent réellement les chiffres ?

Publié le par Yves-André Samère

Je vais vous choquer, puisqu’il est désormais acquis qu’on ne peut plus rien dire sans froisser les âmes sensibles – et Dieu sait si les Français sont sensibles ! Donc, lorsqu’une grande âme vient étaler à la radio ou à la télévision toute l’étendue de ses bons sentiments, ce que j’appelle montrer son cœur à tous les passants, je suis partagé entre le fou-rire et la répulsion.

Ce matin, Marek Halter vient faire sur France Inter son habituel numéro d’humaniste multi-cartes (il doit jalouser Élie Wiesel), réconciliateur patenté de toutes les communautés qui se bouffent mutuellement le nez. Sa grande spécialité : rapprocher les Juifs et les musulmans, sur le thème « donnez-vous tous la main et chantez en chœur la joie du vivre ensemble ». J’ose dire que cela paye auprès des médias, tout en ne mangeant pas de pain, et que c’est merveilleusement efficace, comme on le vérifie tous les jours depuis la création de l’État d’Israël – une initiative géniale, convenez.

Au micro de la radio nationale, Halter vient donc vendre ses salades habituelles, et sort un des arguments de sa démonstration du jour : il faut avant tout que les gens se parlent. Moi je veux bien, mais s’ils parlent avec les mêmes arguments que ceux du philosophe autoproclamé (vous avez vu comme il cultive son look de patriarche ? Il a trop vu Charlton Heston dans Les dix commandements), s’ils parlent comme lui, disais-je, ils auront tôt fait de tomber sur un contradicteur qui leur clouera le bec en rétablissant une vérité que lui, Marek, ignore. Ainsi, il préconise de rendre aux petits Arabes leur fierté en leur « rappelant » que ce sont les Arabes, dit-il, qui ont inventé les chiffres dont nous nous servons, et que justement nous avons baptisé « chiffres arabes »...

Si ce puits de culture s’était un jour plongé dans l’Histoire universelle des chiffres, de Georges Ifrah, il aurait peut-être appris que cette légende est complètement fausse. Les Arabes ont inventé des tas de choses, mais pas les chiffres ! Ceux-ci ont été inventé par les Indiens, probablement au cinquième siècle. Seulement voilà, les Arabes étaient esclavagistes, ils avaient des esclaves indiens, certains fort savants, et ils ont adopté leur invention. Lorsqu’ils ont envahi l’Afrique du Nord, ils se sont installés en Algérie, et c’est à Bougie que Fibonacci, qui était d’une famille italienne commerçante, a découvert cette innovation et l’a rapportée dans son pays, d’où elle a gagné l’Europe, puis le reste du monde.

Pratiquement tout le monde sait cela, sauf ce cuistre pompeux de Marek Halter.

(Bien entendu, le passeur de plats de France Inter n’a pas rectifié. Vous pensez bien, on ne contredit pas une si haute autorité morale)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je connais un détail piquant sur Aznavour. Comme c’est trop embêtant de se faire payer ses cachets en chèques, impossibles à dissimuler au fisc, il réclame aux organisateurs de gala d’être
partiellement rétribué... en bouteilles de vins fins, qui ne laissent aucune trace. La chose est connue, dans le milieu artistique, mais on ne la crie pas sur les toits.

Lui-même ne boit pas, mais il ne se gêne pas pour revendre les bouteilles !
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D
Il manquait une précision à mon courriel, ce qui le rend difficilement compréhensible :

"Marek aurait pu également donner des nouvelles de ses amis Enrico, Spielberg et la famille Grimaldi, autres pastoralistes donneurs de leçon acharnés... autres perdants du miraculeux fonds
Maddof."

Les "crises" permettent au moins d'entrevoir l'envers du décors. Et comment se faire une idée de la marche du monde, si l'envers du décor nous est totalement étranger ?

Mais pourquoi Enrico hypothéqua-t-il sa somptueuse villa ?
Pour l'effet de levier pardi ! Récupérer plusieurs fois sa mise...
Fallait-il qu'il ait confiance en ses amis financiers.

Charles, lui, se rendait à ses galas en Rolls avec chauffeur (2 sources différentes : Pierre Perret et je ne me souviens plus de l'autre).

Ce qui me pose problème pour toutes ces personnes, ce n'est pas tant leur comportement financier (que feraient la plupart d'entre nous en situation de ne pas voir un énorme patrimoine s'amoindrir),
que leur duplicité ("les millionnaires du dimanche/ font d'une baraque en planche/ un pavillon sous les branches/ où ils sont plus heureux")

Delphin
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Y
Je suis absolument indifférent à la religion des gens, mais je reste très chatouilleux sur les mathématiques !

En tout cas, je savais que le pauvre Macias avait pris une prodigieuse déculottée. Mais après tout, ne le plaignons pas. Un jour qu’il montrait à Charles Aznavour sa collection de tableaux de
maître, le petit Charles a ricané : « Ben mon vieux, ça valait le coup de la perdre, l’Algérie ! ».
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D
C'est surtout que Patrick Cohen n'a pas les connaissances nécessaires.

Il aurait pu questionner Elie Wiesel, pastoraliste ami de Marek, sur le placement Maddof (avec Maddof, 7% éternels sans se poser de question") du fonds de sa fondation pour la paix "parti en
fumée", comme frissonnent délicieusement les boursicoteurs.

Marek aurait pu également donner des nouvelles de ses amis Enrico, Spielberg et la famille Grimaldi, autres pastoralistes donneurs de leçon acharnés.

Mais il n'y a que pour ce pauvre Enrico que les montants n'ont pas pu ne pas être révélés, tant son montage financier est tordu (43 millions d'euros empruntés contre sa villa de la Côte d'Azur
hypothéquée).

Delphin
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