Dangereuse lumière

Publié le par Yves-André Samère

Bien des éléments peuvent apporter de la souffrance aux pauvres humains que nous sommes. Jacques Chirac témoignerait, par exemple, que le bruit et l’odeur nous incommodent – surtout dans le dix-huitième arrondissement de Paris.

 À Hong-Kong, c’est une autre paire de manches. Ce qui gêne les gens, là-bas, c’est tout autre chose. Normal, me direz-vous, les Asiatiques ne sont pas des gens comme nous (il n’y a qu’à voir Sony Chan !). Dans cette ancienne colonie britannique, bêtement rétrocédée aux Chinois communistes – oui, on ne peut tout de même pas dire qu’ils la leur ont rendue, puisque ce territoire avait été acheté, et pas conquis de force –, à Hong-Kong, donc, la principale nuisance, c’est... la lumière !

Explication.

Je ne prétends pas que l’atmosphère polluée, l’eau probablement javellisée et le bruit de la circulation enchantent les Kong-Kongais, mais la lumière dépasse tout. En effet, l’ex-colonie connaît un niveau de luminosité qui serait 1200 fois plus intense que la normale – à supposer qu’on ait jamais défini une norme en ce domaine. Il y a deux raisons. D’abord, aucune législation n’existe, et donc, les immeubles sont illuminés à gogo nuit et jour. Ensuite, la ville est couverte de gratte-ciels ; or, contrairement à Manhattan qui est une île plate, Hong-Kong est construite sur les pentes de plusieurs montagnes. Par conséquent, un immeuble ne peut pas cacher ceux qui se trouvent derrière lui, et tous sont visibles – donc leur lumière également.

Il s’ensuit que les commerçants, qui ne ferment jamais leur boutique, et les noctambules, nombreux, sont assaillis par le clignotement incessant des enseignes publicitaires qui enjolivent si esthétiquement la plupart des rues, surtout à Kowloon.

La médecine estime, non sans raison, que notre cerveau a besoin de se reposer à intervalles réguliers, et qu’il lui faut pour cela des périodes d’obscurité. Essayez donc de dormir dans une pièce où la lumière reste allumée ! Il est bien connu que, dans certains pays, notamment asiatiques, la privation de sommeil via un éclairage permanent est une méthode de torture simple et de bon goût, à laquelle on ne résiste pas longtemps.

Au fait, avez-vous participé à cette curieuse manifestation écologique, la semaine dernière, et qui consistait à éteindre les lumières chez soi pendant une heure ? Hélas, moi, j’ai oublié.

Il est vrai que je suis distrait comme Tournesol. Eh oui, je ne suis pas une lumière.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :