J’ai mal aux « dans »

Publié le par Yves-André Samère

Avant-hier, j’insistais sur le fait que notre langue, en raison de ses particularités, façonnait notre esprit. Bien sûr, je ne prétends pas avoir fait une découverte, tout le monde sait cela.

Il m’est aussi arrivé de dire combien j’étais agacé par les manies langagières (l’obsédant « Voilà ! » qui est concurrencé par l’absurde « En fait », l’omniprésent « incontournable », le très casse-pieds « C’est vrai que » – en perte de vitesse –, et le quelque peu oublié « Au niveau de », sans compter cette niaiserie consistant à dire qu’on habite « sur Paris »), autant de manies imposées par les médias, où, comme on le constate quotidiennement, chacun entend bien se singulariser en parlant exactement comme tous les autres. J’ai ainsi pointé l’envahissant emploi du mot dans, suivi d’un substantif, et qui tend à supplanter la totalité des adjectifs.

Ainsi, ce matin sur France Inter, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, interrogé sur sa méthode pour prendre lui-même les, euh... les transports (on lui a supprimé son avion), a répondu que les ministres « devaient être dans la modestie de l’État », et être « dans la mesure et dans l’exemplarité ». Il aurait été trop simple de dire, par exemple, que l’État devait être modeste, et les ministres, être mesurés et être exemplaires !

Je suis dans la confusion de devoir si souvent rappeler que, lorsqu’on a la chance de pouvoir s’exprimer en public, on doit le faire correctement, et sans céder aux modes qui seront ridicules avant peu.

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