Davantage d’Allemagne, et pas de choc

Publié le par Yves-André Samère

Au journal de sept heures du soir sur France Inter, aujourd’hui, deux petits faits amusants. En tout cas, ils m’amusent, moi, et c’est l’essentiel. Pour le reste, c’est vous qui voyez, comme disait Laspallès.

D’abord, le grand humoriste François Hollande, qui réclame « davantage d’Allemagne ». On sait bien qu’il ne lit jamais, car c’est infaisable à scooter, néanmoins il a dû entendre parler de François Mauriac. Or cet écrivain, qui avait son bloc-notes dans « Le Figaro », a été interrogé un jour sur ce pays, et il avait répondu « J’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait deux ». Inutile de préciser que cela se passait à l’époque où il y avait l’Allemagne de l’Est (capitale : Berlin) et l’Allemagne de l’Ouest (capitale : Bonn). On ne peut plus faire cette blague, hélas, mais Hollande n’est peut-être pas au courant, son service de presse a oublié de lui faire une fiche.

Et puis, ces atrocités qui continuent en Israël, ou à Gaza, je ne sais plus. Un journaliste, correspondant de France Inter sur place, interroge un homme qui semble avoir assisté à un attentat, commis, si j’ai bien compris (qui a crié « Ça m’étonnerait ! » ?) par un Israélien qu’il a vu s’enfuir, porteur d’une arme à feu. Et le journaliste d’interroger : « Vous êtes choqué ? ». Il est bien, ce garçon, il devait avoir de bonnes notes, à l’école de journalisme, où on a dû lui apprendre à toujours poser des questions contenant déjà la réponse, afin de faciliter les interviews. Il tombe donc sous le sens que l’interviewé, s’il avait eu du savoir-vivre, aurait dû entamer un couplet sur l’état de choc dans lequel il était censé se trouver après cela.

Eh bien non, et ce quidam mériterait qu’on lui botte les fesses. En effet, il a osé répondre : « Choqué ? Non, pas tellement. J’ai seulement été un peu triste de voir ce pays partir en sucette » (je ne garantis pas l’exactitude absolue du propos, je traduis à ma façon).

Décourageant. Voilà comment on pousse à la démission un journaliste qui a eu la chance, une fois ses études achevées, de décrocher un poste à France Inter. À sa place, je partirais chez Morandini.

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