De la crèche

Publié le par Yves-André Samère

Ce matin, entre huit heures et neuf heures, grand conciliabule radiophonique sur le thème « Pour ou contre des crèches de Noël dans les mairies ? ». Déjà, la justice française s’est couverte de gloire, puisqu’elle a interdit la chose à Béziers tout en l’autorisant à Nantes. Pour demain matin, je propose un autre débat sur le thème « Faut-il prier les juges d’accorder leurs violons ? ».

La discussion a notamment porté sur ce point : on doit distinguer la loi doit s’appliquer. En gros, il faut interdire les crèches dans les endroits publics dépendant de l’État, comme les préfectures, les ministères, les mairies et autres lieux officiels ; mais on doit les permettre dans les endroits publics qui ne sont pas sous la houlette de l’État, par exemple les rues, les magasins, les cafés, les cinémas, et autres. Ce n’est pas idiot, et facile à mettre en œuvre, puisque tous les lieux dépendant de l’État sont sous l’autorité de quelqu’un qui connaît la loi et a les moyens de la faire appliquer (sauf si, ministre et allergique à l’obligation de payer ses impôts et de déclarer ses comptes bancaires en Suisse ou à Singapour, il n’en a pas un désir frénétique).

Tout cela était bel et bon, mais il fallait bien que quelqu’un profère une contre-vérité manifeste : il a été dit que la crèche de Noël avait sa place dans les églises, parce qu’il s’agit d’une tradition religieuse. Je réclame par conséquent qu’on m’indique dans quel passage du Nouveau testament, seule référence possible en matière de religion chrétienne, il est question d’une quelconque crèche ! Ne cherchez pas, il n’y en a aucune trace. La crèche n’est que tolérée par le clergé, par exemple à l’église Saint-Eustache, dans mon quartier, afin de satisfaire le goût du merveilleux des croyants, qui voulaient une naissance humble de leur sauveur, avec de la paille, du bœuf, de l’âne (gris) et de l’hommage royal, symbolisé par des « rois » mages (sic) apportant des cadeaux coûteux, ce qui, au passage, a cet avantage de préfigurer le Père Noël, dont je ne me lasserai jamais de rappeler qu’il est né seulement en 1829 dans un poème publié par un journal de New York.

Mon opinion personnelle sur les crèches : je m’en fiche. Je ne vais jamais dans les mairies, n’ayant rien à y faire ; et lorsque je vais dans une église pour y lire en paix ou m’abriter de la pluie, peu m’importent les opinions de ceux, rares, que j’y côtoie. Comme chantait Brassens, ils me laissent dire « Merde ! », je les laisse dire « Amen ».

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