De la fonction chlorophyllienne, et autres

Publié le par Yves-André Samère

Mes millions de lecteurs le savent, je suis friand de clichés. Non pas de ceux que prenait, par exemple, François-Marie Banier avant sa reconversion comme homme de compagnie auprès de vieilles dames richissimes, non. Je parle de ces aphorismes, adages, maximes et autres sentences que profèrent les gens qui pensent avec le cerveau des autres, du type « L’argent ne fait pas le bonheur » ou « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée ».

L’un des clichés qui me réjouissent le plus, c’est celui-ci : « Les forêts amazoniennes sont le poumon de la planète ». Cela, sous le prétexte que les végétaux possèdent une fonction chlorophyllienne, permettant d’extraire l’oxygène du gaz carbonique, et de le rejeter dans l’atmosphère, en ne gardant que le carbone. Chouettes ! la forêt est donc une machine à fabriquer de l’oxygène et à supprimer du gaz carbonique, ce sale poison qui va tous nous tuer.

Ce qui me réjouit, c’est cette histoire de poumon. Personne, en effet, ne semble s’être avisé que, si un poumon (et même deux) est utile pour les êtres qui en sont dotés, à savoir nous-mêmes et quelques animaux de moindre importance – il nous abreuve, merci ! en oxygène indispensable –, en revanche, il ne rend pas vraiment service à l’environnement, puisqu’il rejette dans l’atmosphère le gaz carbonique que nous fabriquons malgré nous par le simple fait de vivre. Mais passons, et revenons à l’Amazonie, c’est tellement beau.

Donc la fonction chlorophyllienne des végétaux, appelée encore photosynthèse, extrait du gaz carbonique le précieux oxygène, le renvoie dans l’atmosphère et garde le carbone. Certes, mais... seulement le jour ! La lumière est en effet la condition sine qua non pour que cela marche, d’où précisément ce nom de photosynthèse. La nuit – et même le jour, mais ça se voit moins à cause justement de la photosynthèse –, c’est exactement l’inverse, les végétaux font comme les animaux, ils absorbent l’oxygène de l’atmosphère et rejettent du gaz carbonique. Bilan : nul ! Végétaux, escrocs !

Mais alors, soyons pratiques : que faire ?

Pour ma part, j’entrevois deux solutions. Soit construire d’immenses miroirs que l’on expédierait dans l’espace, afin de renvoyer, la nuit, la lumière solaire vers la Terre. Inconvénients : cela coûterait très cher, il faudrait fermer ses fenêtres en été, et, vu qu’il faudrait construire ces miroirs puis les satelliser, on gaspillerait une quantité d’énergie phénoménale, ce qui irait à l’encontre du but recherché. Une solution à la Gribouille, par conséquent. Et puis, on connaît l’aptitude des satellites à tomber en panne, demandez à Hubble...

L’autre solution serait de modifier les plantes pour les forcer à exercer leur fonction chlorophyllienne même la nuit. Bien sûr, on ne pourrait plus appeler cela « photosynthèse ». Comme cette solution ferait forcément appel aux OGM, Claude Allègre voterait pour. Et ça, c’est un argument décisif !

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M
Bravo pour cet article amusant que je découvre ce jour en recherchant des informations sur la "fonction chlorophyllienne" :-) Je m'en vais de ce pas explorer d'autres articles :-)
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Y
Merci ! Allez-y, en 8359 articles, vous trouverez bien quelque chose qui conviendra. Après tout, j’ai commencé il y a douze ans.