Déboulonnons : De Gaulle (2)

Publié le par Yves-André Samère

Ma précédente notule concernait la haute opinion que De Gaulle avait sur les Noirs et sur les Juifs. C’était déjà gratiné, mais les Arabo-musulmans n’étaient pas encore servis. Voici donc leur paquet, toujours composé de citations issues de ses conversations privées, avec des personnalités qui étaient loin d’être toujours des opposants.

- cité par Jean-Raymond Tournoux dans La tragédie du Général (Plon, 1967), un propos tenu au député gaulliste Raymond Dronne, compagnon de la Libération, qui commandait le premier détachement de la Deuxième Division blindée, entrée dans Paris au soir du 24 août 1944 : « Voulez-vous être bougnoulisés ? Voyons, Dronne ! Donneriez-vous votre fille à marier à un bougnoule ? ». Je sais, sans pouvoir donner la référence, qu’il a dit exactement la même chose à Philippe Marçais, député d’Alger.

- cité dans le même livre de Tournoux, ce propos adressé à Léon Delbecque (qui avait convaincu le général Salan de lancer un appel pour le retour de De Gaulle en 1958) : « Et puis, Delbecque, vous nous voyez mélangés à des musulmans ? Ce sont des gens différents de nous. Vous nous voyez mariant nos filles avec des Arabes ? ». Dans le même livre, mais j’ignore à quel interlocuteur : « Tous ces bicots se chamaillent. Ils aiment les fusils, ils aiment s’en servir. Ils ont la manie de la fantasia ». Et : « Les Arabes, ce n’est rien. Jamais on n’a vu des Arabes construire des routes, des barrages, des usines... Ce sont d’habiles politiques. Ils sont habiles comme des mendiants ».

- cité dans le même livre, ce propos adressé au général Marie-Pierre Koenig, maréchal de France à titre posthume, qui avait commandé les Français libres lors de la bataille de Bir Hakeim puis de la seconde bataille d’El Alamein : « Évidemment, lorsque la monarchie ou l’empire réunissait à la France l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté, le Roussillon, la Savoie, le pays de Gex ou le Comté de Nice, on restait entre Blancs, entre Européens, entre chrétiens... Si vous allez dans un douar, vous rencontrerez tout juste un ancien sergent de tirailleurs, parlant mal le français ».

- cité dans Le petit De Gaulle illustré (Le Crapouillot, 1967-68), propos adressé à Louis Joxe, à ce moment ministre des Affaires algériennes, au soir des accords d’Évian du 19 mars 1962 : « Alors, Joxe, vous avez bientôt fini avec vos bicots ? »

- cité par Cyrus Sulzberger dans Les derniers des géants (Albin Michel, 1972) : « Qu’est-ce que les Arabes ? Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n’ont jamais réussi à constituer un État... Avez-vous vu une digue construite par les Arabes ? Nulle part. Cela n’existe pas. Les Arabes disent qu’ils ont inventé l’algèbre et construit d’énormes mosquées. Mais ce fut entièrement l’œuvre des esclaves chrétiens qu’ils avaient capturés... Ce ne furent pas les Arabes eux-mêmes... Ils ne peuvent rien faire seuls ».

- cité par Alain Peyrefitte, maintes fois ministre de De Gaulle, dans C’était De Gaulle (Gallimard, 2000), propos tenu le 5 mars 1959 : « Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas, vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très intelligents. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se séparent de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans qui demain seront vingt millions, et après-demain quarante ? ».

- cité par Benjamin Stora, historien, dans Le transfert d’une mémoire (La découverte, 1999) : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture greque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de Musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! ».

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Mais tout le monde, en France, se revendique gaulliste !
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J
C'est le moment où jamais pour Copé de se revendiquer Gaulliste !
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Y
Ouais, il avait des visions. Il se prenait pour la France.
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K
Un peu visionnaire, le grand Charles :-))
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