Décalage horaire

Publié le par Yves-André Samère

Ce décalage, qui est plus qu’horaire puisqu’il peut atteindre plusieurs jours, voire plusieurs années, c’est celui qui frappe les journaux et radio-télés lorsqu’ils traitent de l’actualité. Un exemple ? Très bien, faisons comme si nous étions en Angleterre, et parlons du temps qu’il fait.

Depuis deux ou trois jours, on n’a cessé de nous bassiner avec le fait que, puisque le temps est beau et que, hello, le Soleil brille, brille, brille, cela se répercute sur la qualité de l’air, surtout dans les grandes villes, et que nous allons tous mourir de la pollution qui s’ensuit. Illico, voilà que je t’ouvre tous les journaux radio-télévisés sur ce sujet que j’ose à peine qualifier de « brûlant », et que je t’invite Corine Lepage à la télé pour parler des particules fines dont nul n’avait entendu parler (c’est très fin), et qu’on nous promet du cancer en-veux-tu-en-voilà.

La mairie de Paris ne pouvait pas rester à l’écart de ce grand mouvement, et elle a décidé que, pour réduire le nombre des voitures polluantes dans les rues, il convenait de rendre gratuits les transports en commun pendant le week-end actuel. Fort bien, mais, il y a deux et trois ans, lorsque la pollution était telle qu’au bout de dix minutes passées dans la rue, je me mettais alors à tousser et à larmoyer, et que le phénomène cessait dès que je pénétrais dans un cinéma pour reprendre dès que j’en sortais – ce qui me paraît un indice probant –, les médias n’ont pas soufflé mot de la pollution ! Il se trouve aussi qu’hier et surtout avant-hier, j’ai fait dans Paris, à pied comme toujours, de longs déplacements ; le temps était radieux, l’air léger, le tout était très agréable, et je n’ai ressenti aucun des malaises dont je parle quelques lignes plus haut.

Il y a donc contradiction entre ce que racontent les médias et ce que tout le monde peut constater en mettant le nez dehors.

Comme si cela ne suffisait pas, aujourd’hui, il fait plutôt frisquet. Par conséquent, si le beau temps est responsable de la pollution, il n’y a plus aucun risque, et les transports gratuits arrivent comme les carabiniers d’Offenbach et les remords de Jérôme Kerviel.

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