Défendre la presse, ou « Charlie-Hebdo » ?

Publié le par Yves-André Samère

Décidément, et je ne le fais pas exprès, je suis toujours d’accord avec Daniel Cohn-Bendit ! Des caricaturistes (et de toute la rédaction en général) de « Charlie-Hebdo », il vient de dire que ce sont « Des cons et des masos » – je fais une réserve sur ce masochisme supposé –, et l’on ne saurait mieux dire.

Je sais : la totalité de la presse française a pris le parti de ce journal – dont je persiste à écrire qu’il est aussi mal écrit que mal illustré –, sous le prétexte que la liberté d’expression est sacrée. Par exemple, Rue89, qui appartient au « Nouvel Observateur », tout en hébergeant l’article d’un journaliste basé en Tunisie et bien placé pour voir les désastres causés par ce genre de publication, le désavoue dans un encadré, et soutient « Charlie-Hebdo ». Eh bien non ! Je ne vois pas au nom de quoi on instituerait une religion supplémentaire, celle de la liberté de la presse, comme s’il n’y avait pas pléthore de cultes idiots. La presse peut se montrer nuisible, et « Charlie-Hebdo » ne fait pas exception. Et ne me dites pas que les feuilles de chou comme « Closer » en France ou « The Sun » en Angleterre valent d’être défendues et sont des exemples de liberté.

Comme l’a dit très justement un Français qui vit à l’étranger, les dessinateurs de « Charlie-Hebdo » ne risquent rien, dans leurs bureaux parisiens protégés par la police. Mais les expatriés, eux, essuient toutes les éclaboussures de leurs provocations débiles. C’est du même ordre que les exactions commises à l’étranger par ces crétins fanatisés qui ne voient pas plus loin que le bout des babouches de leur « prophète » : on saccage, on brûle, on tue des innocents pour « punir » les compatriotes des provocateurs, lesquels, eux, sont épargnés.

Et puis, l’alibi qu’on ressort sans cesse, que le blasphème est sain et n’est qu’une manifestation légitime de l’esprit critique, je n’y crois pas un instant : les caricatures du prétendu prophète ne s’attaquent pas à la religion proprement dite, ce qui serait bénéfique, elles tournent en dérision un individu, qui, tout méprisable qu’il a été (menteur, inculte, coureur de dot, pédophile, tout cela est vrai), n’est pas critiqué pour cela, mais uniquement pour la vénération qu’il a inspirée à des centaines de millions de crédules. Si vous voulez lire une véritable biographie critique de Mohammed, lisez sa biographie par Maxime Rodinson. Quoique admirateur du « prophète », Rodinson ne l’épargne pas. Un exemple, pris dans la propre tradition musulmane : Mohammed, illettré (c’est mentionné dans le Coran !), dictait ses textes à un secrétaire ; hélas pour lui, il tombait souvent en panne d’inspiration. Alors, le secrétaire lui soufflait la suite, et l’envoyé de Dieu approuvait : « Oui-oui, écrivons cela ! ». Comme disait Jacques Chancel, et Dieu, dans tout ça ?

PS : dans sa chronique d’aujourd’hui sur RTL, Didier Porte affirme que les caricatures de « Charlie-Hebdo » sont nulles. Je n’avais pas écouté ce texte en écrivant ce qui précède. Il y a collusion entre nous, ou quoi ?

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