Défense d’Amazon

Publié le par Yves-André Samère

Le sport à la mode consiste à taper sur Amazon. Par conséquent, faisons contrepoids.

Amazon est donc accusé de : 1. transformer ses employés en esclaves ; 2. vouloir la mort des petits libraires ; 3. violer la loi interdisant tout rabais supérieur à 5 % sur la vente des livres.

Je ne suis pas compétent en ce qui concerne le premier point. Je me doute bien que les journaux ont envoyé des enquêteurs, et n’ont gardé de leurs enquêtes que les témoignages défavorables au patron. Classique, qui veut noyer son chien, etc. On procède de même avec les fameux micro-trottoirs, censés nous faire connaître l’état de l’opinion publique : les monteurs des séquences gardent ce qu’ils veulent, et les téléspectateurs ne sont pas admis à contrôler la cuisine.

Sur le deuxième point concernant l’attentat contre les petits libraires, en revanche, je peux témoigner, en observant qu’on cache au public ce point : Amazon ne fournit pas à ses clients TOUS les livres qu’ils recherchent et qui sont stockés dans ses hangars. Comme j’achète souvent des livres, et certains introuvables, sur Amazon, je certifie que plus de la moitié de mes commandes sont passées, en réalité, auprès de ces « petits » libraires, qui ont ce que je cherche, qu’Amazon ne possède pas, et auxquels ce grossiste donne une large place sur son site Internet. Les livres me sont expédiés, non par lui, mais par le libraire en personne, qui l’expédie lui-même depuis la poste de sa localité, avec son nom et son adresse sur l’enveloppe. L’un d’eux avait même joint sa carte, je lui avais envoyé un message pour le remercier, et il m’a répondu personnellement. Le monstre Amazon n’a donc eu dans l’histoire aucune autre part que celle d’intermédiaire. Combien de libraires privés subsistent-ils grâce à ce procédé ?

Je sais, vous allez vous écrier que ces petits librairies, Amazon doit les taxer pour leur avoir procuré des commandes ! Eh bien voyez : hier matin, j’ai reçu un livre un peu ancien de Luc Ferry, conseillé par un de mes commentateurs. Le livre est disponible au prix fort chez Amazon (à sa parution en février 2006, il coûtait 18,50 euros). Or le particulier qui le vendait en demandait... UN CENTIME, et c’est bien le prix que j’ai payé. Et maintenant, dites-moi : vous pensez sérieusement qu’Amazon a prélevé sa dîme sur ce centime ?

Enfin, le troisième point, celui du viol de la loi, est discutable : Amazon, en réalité, se contente d’assurer l’expédition gratuite. Mais cela existe ailleurs, et ce n’est pas vraiment un rabais illégal ; seulement la renonciation à des frais... dont la loi ne dit rien. À moins qu’on tienne à fendre les cheveux en quatre.

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Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Il va sans dire que je ne donnais que le point de vue du client d’Amazon, pas celui du fisc.
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D
En tout point d'accord avec vous. Notamment pour deux livres introuvables, que j'ai pu commander chez deux libraires différents via Amazon. Pour le prix de livres de poche d'occasion, c'est-à-dire
à un prix dérisoire.
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