Défions les charlatans !

Publié le par Yves-André Samère

Si, lecteurs éventuels, vous tourmente le désir effréné de passer pour des incultes, des ignares, des béotiens, voire des ploucs, voici la méthode. Elle est simple, car elle s’inspire d’un conte écrit par Hans-Christian Andersen que tout le monde connaît, Les habits neufs de l’empereur. Je rappelle qu’à Copenhague, la capitale de son pays natal, la plus grande avenue porte son nom – un peu comme si, chez nous, la plus grande avenue de Paris portait le nom de Charles Perrault (mais nous avons préféré la baptiser du nom de Foch, un militaire). Ils sont fous, ces Danois.

Les habits neufs de l’empereur raconte ceci : un certain empereur, passionné de beaux habits, en avait un pour chaque jour. Or deux escrocs lui proposèrent un tissu extraordinaire, que seuls les gens intelligents pouvaient voir. L’empereur décida de s’en faire confectionner un habit, et le bruit s’en répandit, si bien que l’habit présumé était célèbre avant d’avoir été terminé. Mais ni l’empereur ni ses courtisans, mis en présence des « travaux », n’en voyaient rien. Étaient-ils donc tous des sots ? Cependant, personne n’osait avouer cette carence, et l’empereur s’obstina. Si bien que, l’habit terminé, l’empereur voulut le porter en public, et le peuple acclama le chef-d’œuvre, à l’exception d’un petit garçon, qui, n’étant pas dans le secret, osa dire tout haut « Mais il n’a pas d’habit du tout ! ».

Ce qui m’intéresse depuis toujours, dans cette histoire, ce n’est pas l’empereur, c’est le petit garçon, puisque, depuis toujours également (j’ai dû lire ce conte vers mes sept-huit ans), je me comporte comme lui : les charlatans, je les désigne en m’esclaffant. Ce qui me vaut quelques baffes de la part des snobs, mais je m’en fiche.

Eh bien voilà, vous avez compris : payez-vous la tête de ceux qui ont toujours peur de rater le dernier métro et applaudissent n’importe quoi, de préférence une charlatanerie, et vous passerez pour une bille, une pomme, une andouille, un crétin. Mais, comme l’a écrit Courteline, passer pour un idiot aux yeux des imbéciles, c’est un régal de gourmet.

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