Degrés de séparation

Publié le par Yves-André Samère

L’autre jour, en regardant à la télévision la parade nautique sur la Tamise en l’honneur de la reine Elisabeth, j’ai pensé à une curiosité, qui pourrait bien donner lieu à un jeu de société pour les longues soirées d’hiver, voire d’été depuis qu’il n’y a plus de saisons. Ce jeu serait celui des « degrés de séparation » (pas grand-chose à voir avec le film dont Will Smith était la vedette). Vous ne connaissez peut-être pas cette curiosité, aussi vais-je vous l’expliquer en quelques phrases.

Supposez que deux personnes se trouvent en même temps dans un même lieu ; par exemple vous et Alain Delon. Vous pouvez voir Alain Delon de vos propres yeux, et lui peut vous voir, s’il consent à regarder de votre côté – ce qui m’étonnerait un peu, mais passons. À ce moment, on peut poser le postulat qu’entre vous deux, il n’y a pas de séparation, et l’on dira qu’il y a « ZÉRO degré de séparation ».

Supposez maintenant que deux personnes ne se sont jamais rencontrées, mais que chacune connaît une troisième personne (la même pour les deux !). En mathématiques, on dirait que A connaît B et que B connaît C, mais que A et C ne se connaissent pas. À ce stade, entre A et C, il existe « UN degré de séparation », le chaînon intermédiaire étant B. S’il faut deux intermédiaires, il existera « DEUX degrés de séparation », et ainsi de suite.

Pour en revenir à la reine, j’ai alors songé qu’entre Sa Majesté et moi n’existait qu’un seul degré de séparation, en la personne de Stéphane Bern – puisqu’il l’a rencontrée quatre fois. Amusant, non ? Plus curieux, entre Alfred Hitchcock et moi, il n’y a toujours qu’un degré de séparation, l’intermédiaire étant Michel Piccoli, que j’ai vu au théâtre et qui a joué dans Topaz, film du maître. De même, entre Steven Spielberg et moi, idem : c’est Michel Lonsdale qui fait le joint, si j’ose dire, puisque je l’ai croisé plusieurs fois et qu’il joue dans Münich. Entre Sharon Stone et moi, toujours un seul degré, elle a joué dans Largo Winch II avec Tomer Sisley, que j’ai vu dans un cinéma. Entre Orson Welles et moi, pareil : Claude Chabrol, qui l’a fait jouer dans ce navet qu’était La décade prodigieuse, nous reliait. Naturellement, il faut que les deux bouts de la chaîne vivent à peu près à la même époque ! J’ai renoncé à évaluer les degrés de séparation entre Jules César et ma petite personne...

Maintenant que vous savez tout, vous pouvez vous amuser entre amis à calculer les degrés de séparation entre l’un de vous et n’importe quelle célébrité, ce sera très amusant et instructif. Les spécialistes de cette question (car il existe des spécialistes de cette question) estiment que le maximum de degrés de séparation entre deux personnes prises au hasard où que ce soit sur la planète ne peut pas dépasser SIX. J’ignore par quel raisonnement elles parviennent à ce résultat, mais si je le découvre, je vous en ferai part !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Ha ha ! Ça rappelle les analyses graphiques des magazines financiers, qui s’appuient sur l’évolution passée pour prévoir l’avenir des valeurs boursières... et se trompent régulièrement.

Je reviendrai sur cette question, car retenir un nombre (pas un CHIFFRE) ou un autre doit être justifié. Or j’ai déniché une objection.
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A
A vrai dire, je tiens cette information d'un ancien collègue de travail dont l'expertise relevait du domaine des ontologies et des représentations des connaissances par graphiques. J'ai retenu le
chiffre 7 lors de nos nombreuses conversations sur le sujet.
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Y
Oui, ça change tout ! Tu l’as lu dans « 20 minutes » ?
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A
Moi j'ai lu qu'il fallait 7 degrés pour être en relation avec l'humanité toute entière. J'aime autant garder cette distance....
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