DeMille ne pensait pas à tout

Publié le par Yves-André Samère

On ne saurait penser à tout, même quand on a de l’expérience. Hier, je vous ai parlé de Cecil B. DeMille, auquel on ne peut reprocher de ne pas connaître le cinéma, ni de manquer d’esprit pratique. N’avait-il pas dit un jour, quand on le blâmait d’avoir engagé trop de figurants pour une scène de bataille, et qu’il allait falloir ensuite les payer : « Eh bien, dans la dernière scène de bataille, on chargera les fusils avec des balles réelles » ?

Or, un jour, au temps du cinéma encore muet, il avait imaginé une scène dans laquelle un couple se promenait sur une plage, tandis que le Soleil se levait derrière les deux personnages, à l’horizon marin. La conception était romanesque, mais… ne pouvait avoir lieu dans la réalité : en Californie où le film se faisait, puisque l’océan est à l’ouest, on ne peut que voir le Soleil se coucher !

DeMille fournit alors sa solution : filmons un coucher de Soleil, puis nous ferons tourner le film à l’envers, sur une transparence (un écran translucide recevant la scène filmée, devant lequel jouent les acteurs, ce qui permet une forte économie, puisqu’on n’a pas à tourner en extérieurs avec une équipe pléthorique), et le Soleil aura l’air de se lever !

Et, en effet, cette scène réalisée avec les deux acteurs jouant devant la transparence était parfaite, à un détail près : lorsqu’on la visionna, tout le monde put constater que les vagues qui auraient dû s’échouer sur la plage refluaient au contraire vers le large, et que les mouettes qui survolaient l’océan volaient en marche arrière !

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