Dérives des sarkozystes

Publié le par Yves-André Samère

Les partis au pouvoir (ou leurs amis du privé) ont toujours accumulé les malhonnêtetés de leurs membres, et surtout de leurs dirigeants. Sans remonter à la Troisième ou la Quatrième République et à ce gendre du président de la République Jules Grévy (il se nommait David Wilson) qui faisait le trafic des légions d’honneur, bornons-nous à la Cinquième, fabriquée sur mesure pour Charles De Gaulle, qui n’eût pas toléré le prêt-à-porter.

De Gaulle lui-même se fichait bien de l’argent, mais aussi, hélas, de la corruption galopante qui sévissait dans le parti, le RPF (Rassemblement du Peuple Français), qu’il avait fondé à seule fin d’avoir des députés qui fissent tomber les gouvernements les uns après les autres : on ne prépare jamais assez son retour au pouvoir. Après son accession à la Présidence le 8 janvier 1959, précédée par le toilettage dudit parti, rebaptisé UNR (Union pour une Nouvelle République) juste après le référendum du 28 septembre 1958 qui approuva la nouvelle Constitution et l’élection de Mongénéral, et les scandales s’accumulant, De Gaulle ne répugna pas à signer une loi d’amnistie s’appliquant à... un seul homme, justement secrétaire général de ce parti, condamné en justice pour un délit de droit commun, la carambouille. Un livre de Jean Montaldo, S comme Sanguinetti, a raconté toute l’affaire... et quelques autres.

Son successeur, Pompidou, était honnête également, et, hormis sa voiture et une maison familiale à Cajarc, il ne possédait rien, pas même l’appartement qu’il louait au 24 quai de Béthune, dans l’Île Saint-Louis, où il est mort. Mais le parti encore gaulliste, rebaptisé UDR (Union des Démocrates pour la République), était gangrené par la pourriture des affaires véreuses, et il allait jusqu’à posséder son gang de malfrats, le SAC (Service d’Action Civique, co-fondé par Charles Pasqua), qui pratiquait l’extorsion de fonds, le chantage, le racket, et jusqu’à l’assassinat (un garçon de sept ans), et recruté notamment parmi les gangsters que le même Sanguinetti avait employés pour lutter contre l’OAS.

Sautons quelques présidents, si j’ose dire, car ce serait répétitif et fastidieux, et venons-en au régime très spécial de Sarkozy. Sous son règne, ce fut le bouquet, et voici la liste sans doute incomplète des abus de ses fidèles.

- D’abord, lui- même : il s’offrit un avion aussi tape-à-l’œil que celui d’Obama, lequel zinc coûta 180 millions d’euros. Les deux Airbus qu’il remplaçait étaient invendables.

- Son secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet, quand il voulut se rendre en Martinique, loua un avion privé à une compagnie portugaise, et la facture fut de 116 000 euros. Deux mois auparavant, il s’était rendu en Haïti dans un Falcon 900 néerlandais, qui avait coûté 150 000 euros. Il fit aussi agrandir sa maison, à Grimaud, près de Saint-Tropez, grâce au maire UMP qui lui délivra un permis de construire de complaisance.

- François Fillon, le Premier ministre, louait aussi des avions privés, à la compagnie Masterjet, pour se rendre en province, et même dans sa maison de campagne, dans la Sarthe, alors qu’elle était située à une heure de TGV. Et comme il estimait trop petit (87 mètres carrés) son appartement de Premier ministre, il le fit agrandir à... 309 mètres carrés.

- Christian Blanc, secrétaire d’État au Grand Paris (sic), lui, était amateur de cigares, et il les faisait payer par son administration. Il y en eut pour 12 000 euros. Il eut alors le culot de prétendre n’avoir dépensé QUE 4500 euros, que son chef de cabinet, Guillaume Jublot, avait détourné le reste, et qu’il l’avait viré pour ça. Ce pour quoi il fut condamné pour diffamation, et le Premier ministre le contraignit à payer le reste.

- Rama Yade, en déplacement à Johannesburg pour un match de football, avait réservé au Table Bay une chambre à 667 euros la nuit, et payé d’avance avec l’argent de son secrétariat d’État. Cela se sut, et elle dut aller dormir au consulat, mais l’argent était déjà dépensé.

- Christine Boutin, lorsqu’elle fut virée du gouvernement en juin 2009, fit un tel tapage qu’on dut, pour la calmer, lui offrir une « mission » rétribuée à 9500 euros par mois. Elle renvoya l’ascenseur en disant que Sarkozy avait le sens du peuple (re-sic).

- Rachida Dati n’avait pas payé les charges de son appartement de cinq pièces, et son bailleur la poursuivit en justice.

- Georges Tron, secrétaire d’État à la Fonction publique, obtint d’une société de HLM, dépendant de la mairie de Paris, un logement de 118 mètres carrés dans le quinzième arrondissement, et dont le loyer était deux fois moins cher que sur le marché.

- Christian Estrosi, maire de Nice et qui occupait dans cette ville le palais des rois de Sardaigne, devenu ministre de l’Industrie, aurait dû loger dans un duplex au deuxième étage de l’Hôtel de Seignelay. Mais il y logea... sa fille, une étudiante, et alla dormir au ministère, à Bercy. Il fit visiter ce logement aux journalistes pour faire constater combien il se contentait de peu.

- Fadela Amara, comme secrétaire d’État, avait un appartement de fonction avec maître d’hôtel et cuisinier, mais elle y logea elle aussi sa famille.

- Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, s’était vu attribuer un appartement avec terrasse dominant la Seine, alors qu’il possédait déjà un appartement dans Paris. C’était contraire aux règles administratives.

En comparaison, les cachotteries de Cahuzac concernant ses comptes en Suisse et à Singapour, et qui n’impliquent pas la responsabilité du président de la République actuel, ne représentent rien, contrairement à ce que radote la droite.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Merci. J’ai corrigé.
Répondre
T
Je crois qu'il s'agit de Laurent Wauquiez.
Répondre