Des assureurs qui n’assurent pas

Publié le par Yves-André Samère

Après-demain dimanche, à une heure moins cinq de l’après-midi et en clair sur Canal Plus, tâchez de voir l’émission d’enquêtes Assurances - Jamais là pour moi, vous y constaterez comme les assureurs vous tiennent pour des vaches à lait et vous roulent sans vergogne. Ensuite, vous vous méfierez, chaque fois que vous achèterez un appareil électronique (parfois ménager), de cette « offre » que le vendeur vous fait : prendre une assurance contre les pannes éventuelles, et qui coûte environ dix pour cent du prix de l’appareil neuf. Certes, son patron l’y OBLIGE, mais il sait très bien, lui, le vendeur, que vous ne serez pas assuré du tout !

D’abord, parce qu’on ne répare plus rien, désormais, sinon à prix d’or. Et donc, il y a deux cas : soit l’assurance fonctionne encore, mais le délai sur lequel elle est valable est assez court ; soit elle est périmée, et l’on vous proposera, ou bien une réparation à un prix prohibitif, ou bien un remplacement, à la place du bidule qu’évidemment on ne fabrique plus, par le modèle qui lui a succédé, mais qui sera toujours plus cher. Dans tous les cas, on vous pousse à la dépense. Et on aura la gentillesse de vous reprendre l’appareil qui ne fonctionne plus : rassurez-vous, ils sauront le réparer pour le revendre.

Il y a mieux. Par exemple, ces assurances contre le vol de votre téléphone mobile. Si l’on sait qu’on ne vole qu’un téléphone... sur quatre cents ; et que le risque n’est couvert que si le vol a eu lieu avec violence (cela s’appelle « vol caractérisé », mais c’est très rare puisque la plupart de ces vols sont le fait de pickpockets qui vous cassent rarement la figure), on comprend que vous ne serez jamais, absolument JAMAIS, couvert par ce type d’assurance.

Reste ce petit détail : si l’assurance n’est pas obligatoire pour les téléphones – encore heureux –, elle l’est pour les habitations. Or les assureurs, ces honnêtes gens, ont inventé la notion de « sur-sinistralité ». Par ce terme éminemment poétique, on entend que s’il vous arrive un peu trop souvent ce qu’ils désignent par le joli nom de sinistre, par exemple trois dégâts des eaux en deux ans dont vous n’êtes même pas responsable, votre assureur ne voudra plus de vous et vous engagera à chercher un autre assureur ! L’association UFC Que Choisir a dénombré 640 000 personnes ainsi exclues chaque année. Ce qui est la négation formelle du principe d’assurance. Cette pratique est déjà automatique dans l’assurance automobile, mais elle tend à se répandre ailleurs. Imaginez que la Sécu refuse de vous rembourser parce que vous êtes trop souvent malade...

À ce jour, l’État ne s’est pas encore préoccupé du problème. Il a sans doute trop à faire.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
C’est bien ce que j’ai souligné.
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D
Et encore, pour l'assurance automobile, même si vous n'êtes pas responsable, si vous avez plusieurs sinistres, on vous retire votre bonus et on peut vous exclure. Cette exclusion serait
compréhensible si le conducteur était responsable et récidivait plusieurs fois, car là ce serait un problème de comportement au volant. Mais si vous n'êtes pas l'auteur direct du sinistre...
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