Des noms et des prénoms

Publié le par Yves-André Samère

D’où vient cette manie de nommer par leur prénom les chefs d’État, et notamment les pires dictateurs ? C’est pour faire plus gentil et leur dire qu’on les aime ? Ainsi, seulement hier, Laurent Fabius le matin sur France Inter et Claude Angeli dans « Le Canard enchaîné » appelaient « Bachar » le boucher de la Syrie qui massacre son peuple depuis des mois, allant jusqu’à faire tirer au canon sur les maisons des pauvres. Rappelons à ces distraits qu’il se nomme El Assad.

Mais je me souviens qu’au temps où Saddam Hussein régnait sur l’Irak, c’était le même topo : tout le monde parlait de « Saddam », alors que c’était seulement son prénom. Et Bendjedid, le dictateur algérien, mort en octobre dernier ? Jamais je ne l’ai entendu appeler par son nom, on s’obstinait à dire « Chadli », qui était son prénom. Oui, je sais, tous ces gens-là ne sont pas comme nous...

Et Castro, le dictateur cubain ? Combien de fois les bavasseurs de micro ne l’ont-ils pas désigné sous son seul prénom de Fidel ? Je ne vois guère que Boumedienne qu’on n’a jamais désigné par son prénom, Houari. Trop difficile à prononcer, avec ce H au début. Donc on se rabattait sur son pseudo (en fait, il s’appelait Mohammed Boukharouba, ce nom se traduisant par « fils de l’âne », ce qui faisait beaucoup rire les Marocains, lesquels le haïssaient)

À mon avis, cette obsession du prénom a quelque chose de la nostalgie monarchique, voire papale.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 15/10/2013 22:50

Peu crédible. D′abord, montrer son mépris en appelant quelqu′un par son prénom, ça n′a aucun sens. Ensuite, je ne pense pas que Fabius, par exemple, s′y prendrait de cette façon.

Non, plus simplement, c′est de la paresse intellectuelle... ou de la bêtise. De la part des journalistes, c′est l′hypothèse que je retiens.

paul lucas 15/10/2013 20:15

C'est de la psychologie de bazar. On veut montrer le mépris que l'on a pour celui que l'on va attaquer, en espérant que celui-ci (le mépris) sera adopté par le peuple.