Des sectes

Publié le par Yves-André Samère

Je viens de voir un film sur les sectes, The master, et vous me voyez au désespoir de devoir écrire qu’il n’a guère d’intérêt, bien que réalisé par un metteur en scène, Paul Thomas Anderson, dont j’avais aimé tous les films jusqu’ici...

Au fond, et le film ne montre pas autre chose, toutes les sectes sont basées sur le même principe : faire peur aux gogos. Que le gourou s’appelle Gilbert Bourdin (défunt fondateur du Mandarom), Raël, Raspoutine (quoique lui opérait seul), Benoît XVI, Krishnamurti (lui se déguisait en philosophe, mais son jargon était du même tonneau), le Vieux de la Montagne ou le Dalaï Lama, on vous serine partout que vous êtes un type formidable, mais que des forces négatives ont pris possession de votre personnalité. Que, donc, seule la secte est capable de vous rendre votre chère liberté perdue – perdue au profit des forces négatives, bien entendu, pas au profit de la secte.

Inutile de dire que cette assistance donnera lieu à un échange équitable : vous récupérez vos capacités, du moins on vous le promet dans un avenir non évaluable, mais vous abandonnez au gourou la totalité de votre fortune, lui témoignez une soumission absolue, et lui rendez quelques petits services sexuels. Trois fois rien... (NB : pour Benoît XVI, je ne suis pas certain de ce dernier point)

J’ai eu naguère une voisine d’origine russe, une brave femme, mal mariée, et qui cherchait la consolation chez Krishnamurti. Elle avait tenté de me convertir à sa « philosophie » et m’avait prêté un livre écrit par le philosophe. J’en ai lu trois pages, et l’ai refermé (le livre, pas le philosophe). J’avais compris. Ce fatras, ce festival d’enfonçages de portes ouvertes, je l’avais rencontré cent fois. Mais on peut faire avaler tout ce qu’on veut à un esprit faible. Ça n’a pas grand-chose à voir avec le sujet du jour, mais j’ai regardé hier le Petit Journal, où Yann Barthès avait invité un jeune chanteur anglais de vingt ans, Conor Maynard, certes beaucoup moins beau que Justin Bieber – auquel je reste inextinguiblement fidèle –, mais qui fait défaillir les minettes. Or, par le plus grand des hasards, le public de l'émission était presque uniquement composé de filles au-dessous de vingt ans. Il y avait de l'évanouissement dans l’air, et l’une d’elles n’a cessé de sangloter et de trembler tout au long de la séance, évidemment suivie tout au long par une caméra pas voyeuse pour un kopeck. Je crois que Bernadette Soubirous à Lourdes s’est montrée moins émotive.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je ne cautionne évidemment pas le parallèle entre, d’une part, les sectes, qui sont des entreprises fondées sur la duperie, et les organisations qui luttent contre elles.

Quant à ressortir perpétuellement l’argument que lesdites organisations sont « financées par l’argent de nos impôts », je trouve cela très poujadiste, démagogique et populiste, digne du
Front National. Que MIVILUDES reçoive cent cinquante mille euros par an n’a rien de choquant, puisque cela représente... 0,2 centimes par personne. Il y a bien d’autres gaspillages, et moins
utiles.

(Robert Ménard a mal tourné. Ça arrive. Il n’a rien d’un oracle, et plus rien d’un homme respectable. Cet article met sur un pied d’égalité la Scientologie et ceux qui luttent contre elle, et c’est
de la confusion mentale)
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O
J'en conclue que les sectes ça fait partie de la vie et que la vie est variée et qu'on y rencontre donc des gens bien et des gens moins bien et que certains, par un phénomène d'attraction mutuelle,
se retrouvent dans les groupes plus ou moins grands, avec d'autres individus ayant des points communs. On peut appeler ces groupes "sectes" ou clubs ou tout ce que voius voulez. Et parmis ces
groupes il y a ceux qui sont se croient au dessus to tous les autres et qui en font leur croisade personnelle de lutter contre ceux qui ne pensent pas comme eux.
De tout temps il y a eu des emmerdeurs, souvent organisés en groupes ou en institutions, qui se croyaient plus "éclairés" que les autres et qui ont essayé d'imposer leur vue aux autres. Avec le
recul de l'histoire, leurs vrais visages apparaissent: ce sont les bigots, les despotes, les obscurantistes. Tout le monde se porterait bien mieux sans eux. Ce sont ces extrémistes - qu'ils soint
dans des sectes ou dans des organisations luttant contre les sectes - qui sont dangereux et combattent tout ce qui est différent.
http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/07/09/2544817_une-miviludes-financee-avec-l-argent-de-nos-impots-largement-discreditee.html
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Y
Ma blague sur le Dalaï Lama visait davantage la platitude de ses propos que son action, qui, tous comptes faits, n’a aucun effet. Il ne règne pas sur une secte, mais sur des admirateurs inoffensifs
et béats, comme Mathieu Ricard.
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D
Un peu de secticide là-dessus peut-être?
Sauf sur le Dalaï Lama qui n'oblige personne à le rejoindre et qui conseille aux gens de garder leur propre religion.
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