Destinée manifeste

Publié le par Yves-André Samère

Le régime politique des États-Unis est un peu moins fondé sur les idéaux humanistes que le prétendent les citoyens de ce pays. Et cela, dès le début.

Ainsi, l’armée idéale de George Washington était constituée selon un principe assez proche de celui que nous avons connu en France à une certaine époque : lorsque vous étiez appelé sous les drapeaux, vous pouviez payer quelqu’un pour qu’il soit recruté à votre place, ou y envoyer un de vos esclaves noirs. Washington lui-même, gros propriétaire terrien (à Mount Vernon), possédait des esclaves, et, s’il stipula dans son testament qu’ils devaient être affranchis, ce ne devait être... qu’après sa propre mort ! Pas bête...

Et puis, il y eut cette innovation, cette doctrine imaginée dans les années 1840, et qu’un article du journal « United States Magazine and Democratic Review » baptisa « Destinée manifeste ». Elle consistait en ce que les États-Unis avaient le droit et le devoir de s’étendre sur tout le sous-continent nord-américain. Doctrine qui fut si bien appliquée que deux millions d’Indiens y laissèrent leur vie, et que même le langage l’a officialisée, puisque les citoyens des États-Unis ont monopolisé les termes Amérique et Américains à leur seul bénéfice – ignorant ainsi tout ce qui les environnait, donc TOUS les pays du continent américain. Cela dure encore, et nul, y compris à l’étranger, ne semble s’en offusquer.

Après cela, évidemment, les hommes politiques de ce pays, et notamment un certain sénateur Kennedy, pas encore président, eurent bonne mine en reprochant par exemple à la France sa politique algérienne. Les Français d’Algérie, eux, n’avaient pas fait de l’esclavage le fondement de leur société, ni parqué les Arabes dans des réserves.

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