Deux écrans pour le prix d’un

Publié le par Yves-André Samère

Je l’aurais volontiers étranglé, ce crétin qui, ce matin au cinéma, non content d’avoir fait joujou avec son téléphone portable pendant tout l’entracte publicitaire, a encore consulté son gadget CINQ FOIS pendant le film ! Vous payez pour voir un film sur UN écran, et vous voyez DEUX écrans ! Où est le bon vieux temps où ces engins n’étaient que des nuisances sonores, alors qu’aujourd’hui, ce sont surtout des nuisances lumineuses ?

Remarquez, le record n’est pas encore battu, puisque je me suis trouvé, l’année dernière, placé près d’une débile mentale qui s’est livrée à ce manège six fois durant la projection. Or les deux cinglés dont je parle n’avaient même pas l’excuse d’avoir une bonne excuse, c’est-à-dire d’être jeunes, puisqu’ils avaient respectivement soixante et cinquante ans. Quel peut être l’état d’esprit d’une personne, apparemment d’âge raisonnable, qui va au cinéma, non pas pour voir un film, mais pour admirer son petit écran portatif n’ayant à lui offrir que des SMS en charabia indéchiffrable ou des photos ratées ? Pourquoi, si on est amoureux à ce point de son écran de quatre centimètres de large, ne pas rester dans sa chambre et le contempler à loisir toute la sainte journée ?

Je ne vois de recours que dans la technique, et je suis optimiste : un jour, vous verrez, on trouvera le moyen de greffer les téléphones portables, dûment miniaturisés, directement sur la rétine de ces malades. Il lui suffira de clore leurs paupières pour voir se substituer, à la place du spectacle que leur offre un monde dont ils se désintéressent, un écran qui occupera toute la surface de leur vision virtuelle. Ils prendront des photos en s’enfonçant l’index dans l’oreille, et ils écouteront leurs messages en se pinçant le nez. Ou vice-versa, je ne suis pas exigeant.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D

Et le doigt, ils se le mettent où, pour recharger le bidule ?
Je suis fière d'avoir un téléphone portable de 10 ans d'âge, qui ne me sert que professionnellement, quand je suis hors du bureau. Vous vous rendez compte ? Le reste du temps il est éteint.
Et cette merveille ne fait qu'une chose : téléphoner !


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