Deux légendes qui se rencontrent

Publié le par Yves-André Samère

J’ignore si quelqu’un a déjà relevé la similitude entre deux légendes : celle de la destruction de Sodome, et celle d’Orphée. Comme on ignore les dates de ces deux évènements (supposés), il est ainsi impossible de dire si l’un a inspiré l’autre, et lequel, mais leur ressemblance est intéressante.

Précisons tout de même qu’on a bien retrouvé les restes de la ville de Sodome, et qu’il semble en effet qu’elle ait été détruite par le feu (peut-être à la suite de la chute d’un aérolithe), mais la question qui m’intéresse n’est pas là.

Orphée était censé avoir inventé la cithare, et avoir reçu d’Apollon ses dons pour la musique. Il était marié avec Eurydice – bien que porté sur les garçons, mais, en Grèce, ce n’était pas un obstacle. Or Eurydice mourut et fut transportée aux Enfers. Orphée, privé de son épouse, qu’il aimait (contrairement à ce qu’a prétendu Offenbach et ses librettistes Hector Crémieux et Ludovic Halévy dans son Orphée aux Enfers), descendit donc chez Hadès, le dieu compétent, pour le supplier de lui rendre sa femme. Hadès consentit, à la condition qu’Orphée tourne le dos à Eurydice et ne tente plus jamais de la regarder. Supplice très raffiné. Mais Orphée ne put résister, se retourna, regarda son épouse, et la perdit de nouveau.

La destruction de Sodome s’accompagna de la fuite des habitants qui avaient été prévenus, et l’un d’eux fut Loth, qui prit la tangente en compagnie de ses filles et de sa femme, qui marchait derrière lui. Mais lorsque celle-ci se retourna pour voir les dégâts de l’incendie, elle fut transformée en statue de sel !

Certes, il y a quelques différences entre les deux récits, mais ils se ressemblent par le fait que deux femmes en sont les victimes, et toutes deux à cause de la curiosité. De la femme de Loth – jamais nommée – dans un cas, du mari d’Eurydice dans l’autre cas. On ne peut donc en conclure, avec les misogynes, que c’est LEUR curiosité qui a perdu ces deux femmes !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

H
MDRR Ta conclusion
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Y
Oui, je patauge dans toutes les légendes. Parfois, j’en sors à temps, par exemple avec De Gaulle et Macron.
Y
Ce sera flaubertien !
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D
Ne vous donnez pas la peine de mettre des caractères en gras. C'est moi qui ai mal lu.
Promis, la prochaine fois, je relirai trois fois à haute voix avant de vous rentrer dedans !
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Y
Je vais me décider à mettre en caractères gras les mots indispensables !
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D
Pardon, cher ami, vous soupçonnant de mauvaise foi, j'avais sauté le "ne" de la dernière phrase.
On ne prête aux autres que ce que l'on est soi-même. Je parle de moi !!!
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Y
Où diable ai-je écrit que c’était la faute d’Euridyce ? Relisez le dernier paragraphe. Je parlais de la curiosité de la femme de Loth dans un cas, DU MARI D’EURIDYCE dans l’autre cas.
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D
Tiré par les cheveux,cher ami. Dans l'histoire d'Eurydice c'est Orphée qui est LE curieux. Elle, elle ne devait que souhaiter sortir de la mort et justement espérer qu'il ne se retourne pas. Dans
l'histoire de Loth, d'accord, c'est ELLE qui s'est retournée.
Victimes de la curiosité, oui, toutes les deux.
Au fait, j'ai une incertitude : les méduses changeaient elles les hommes qui les regardaient en statues de sel ou de pierre ?
Simple curiosité.
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