Dictée

Publié le par Yves-André Samère

Ouvrez vos cahiers, prenez vos stylos, et notez sous ma dictée :

Il.

Faut.

Appeler.

Un.

Chat.

Un.

Chat.

Bien. posez vos stylos, je passe dans les rangs pour voir le résultat.

Eh bien, je ne vous félicite pas. Je m’y attendais, je dois dire. Vous ne voyez pas la faute ? Pitard-Vergniolles ? Ah non, pardon, il dort sur le radiateur, comme d’habitude, ne le réveillez pas. Lebrac ? Ducobu ? Pas de réactions ? Bien entendu ! Oui, Doinel ?

– M’sieur, vous avez fait une tautologie !

– Comme d’habitude, Doinel, vous faites le malin pour nous montrer que vous avez appris un mot nouveau. Pour les autres, une tautologie, c’est quand on dit deux fois la même chose sans aucune utilité. Par exemple : « Le cheval blanc d’Henri IV était blanc ». Quoi qu’il en soit, ce n’est pas cela qu’il fallait voir, et c’est VOUS qui avez fait une faute, pas moi. Alors, vous ne voyez pas ? Bien, je vous explique. Parmi les sept mots que je vous ai dictés, il y a une répétition, mais elle n’est qu’apparente. En réalité, la première expression, « un chat », utilisée en complément d’objet direct, désigne un animal. La seconde n’est que le terme qui nomme cet animal. Or l’objet et le mot qui le désigne sont deux éléments différents, il n’y avait donc aucune répétition, et, à l’oral, aucune faute ne s’est glissée dans la phrase. En revanche, dans ce que VOUS avez écrit, je remarque qu’aucun d’entre vous n’a songé à les distinguer en plaçant entre guillemets la seconde occurrence de un chat !

En conséquence, et pour demain, vous me copierez tous vingt fois la phrase : « La forme doit soutenir le fond ».

Allons, rangez vos affaires, et sortez en silence.

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