Disney : la barbe !

Publié le par Yves-André Samère

On nous présente comme une immense victoire de la démocratie le fait que Disney vienne de permettre, à ses employés des parcs d’attraction, de porter la barbe. Soit dit en passant, je m’en fiche complètement, vu que jamais je n’ai mis les pieds dans cette sorte d’enfer pour débiles mentaux, où les clients trouvent normal de s’affubler d’oreilles de Mickey en plastique, ou de s’extasier face à de malheureux figurants, forcés de se déguiser en chien ou en canard ; et vu, aussi, que je n’ai pas l’intention de payer une fortune pour le seul plaisir de faire la queue pendant des heures afin de visiter l’univers gnangnan de Disney.

Pour être franc, le créateur de la firme, Walt Disney, était un type absolument puant, raciste et admirateur d’Hitler, et il a été reçu à Berlin comme un chef d’État. Quant à l’univers qu’il a créé, il réunit deux traits essentiels : la niaiserie fondée sur l’anthropomorphisme (les animaux sont des humains comme les autres) et le culte de la famille, tout à fait caractéristique des lubies de la société états-unienne. Notez que je ne dis rien de ses dessins animés, ridiculement surestimés, aujourd’hui encore, par ceux qui n’ont jamais vu les films de Michel Ocelot.

Pif !

Et maintenant, le paf : il est idiot de considérer l’interdiction du port de la barbe comme un indice de je ne sais quelle dictature. Les parcs d’attraction, ceux de Disney comme tous les autres parcs, sont des entreprises de spectacle, et les membres de l’équipe qui y travaille sont en représentation. Par conséquent, leur apparence doit se plier aux canons esthétiques de l’entreprise, et non pas suivre les aléas de leur fantaisie. Il est donc tout à fait normal qu’un lieu destiné à entretenir les rêves enfantins (je ne juge pas, je constate) soit régi par un règlement qui définit aussi l’aspect des personnes destinées à être vues par le public. Je suis persuadé que, dans le Parc Astérix, les figurants qui incarnent les Gaulois ne sont pas autorisés à se vêtir en Bédouins ou en cosmonautes, et c’est tout à fait normal. Et que dirait-on si, dans un film sur la Révolution française, Robespierre, porteur d’une Rolex, écoutait du rap sur son iPod (histoire de faire plaisir à cette pauvre Isabelle Giordano) ? Ou si Ravaillac abattait Henri IV d’une rafale de Kalachnikoff ? Les acteurs et les figurants s’habillent et se griment comme l’exige leur rôle, il est stupide de souhaiter autre chose.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Merci pour le compliment.

En ce qui concerne la tenue des employés, il est facile de vérifier que le point de vue que j’expose EST celui de la plupart des directions d’entreprises où le public vient nombreux – les
spectacles en priorité. Dans les théâtres, par exemple, les ouvreuses ont un uniforme, les employées du vestiaire également, les contrôleurs de tickets sont en costume de soirée, etc. De même dans
les grands restaurants et beaucoup de cafés élégants. Il s’agit de conserver une sorte de style pour tout le monde.

Disney ne fait pas autre chose que l’Opéra, la Comédie-Française ou... les Folies-Bergère. Évidemment, dans les petites entreprises, on peut être moins pointilleux. Mais à partir d’une certaine
taille ou d’un certain degré de notoriété, ces détails deviennent cruciaux pour la réputation de la maison.
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C
Je découvre votre blog à l'instant, via le mot excruciant dont j'ai eu à chercher le sens (apprenez au passage que Google vous considère comme l'un des meilleurs pour donner la définition dudit mot
!) ; sachez que je lis avec plaisir et amusement la plupart de vos billets.
En revanche, je découvre dans cet article une erreur dans votre raisonnement : j'entends bien que le figurant interprétant Peter Pan peut difficilement se laisser pousser ce qu'il veut sur le
menton, mais il me semble que la nouvelle dont vous vous faites l'écho concernait l'ensemble des employés.
Or, à mon sens, un agent d'entretien, un vendeur de pizza ou même une simple guichetière a, en France, tout à fait le droit de choisir ses fantaisies capillaires à sa guise. Non ?
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