Dominique Baudis

Publié le par Yves-André Samère

Je partage largement l’opinion générale et favorable au sujet de Dominique Baudis, qui est mort hier, et je me fiche bien qu’il ait plutôt milité à droite. Journaliste à la télé (il a présenté le journal télévisé), maire de Toulouse ayant succédé à son père Pierre, président du CSA, président de l’Institut du Monde arabe (poste actuellement occupé par Jack Lang, qui est partout), défenseur des droits, il a bien fait son travail, ce qu’on ne peut pas dire de tout le monde. Comme maire de Toulouse, par exemple, il avait fait de sa ville la moins endettée de France – état qui n’est plus qu’un souvenir.

Les hommages entendus ce matin n’ont cependant pas évoqué un épisode crapoteux dont il avait été la victime en 2003. Profitant de ce qu’il était notoirement bisexuel, on avait monté contre lui une histoire sordide, où il était accusé, excusez du peu, de proxénétisme, viol, meurtre et actes de barbarie. Ses accusateurs étaient deux prostituées, Fanny et Patricia (l’une au moins était un transexuel), et l’affaire prétendue a été révélée publiquement par une lettre qu’un délinquant incarcéré, Patrice Alègre, avait adressée à Karl Zéro, alors présentateur sur Canal Plus du Vrai Journal, émission hebdomadaire que j’ai très bien connue. Karl avait lu cette lettre à l’antenne, mais sans citer les noms qu’elle contenait, ce qui lui avait valu une inculpation pour « sortie illicite de correspondance », « violation du secret de l’instruction » et « violation du secret professionnel » (?) , ce qui était absurde et dont il a été disculpé en 2007 (on l’a ré-inculpé en 2009, pour le premier motif, sans plus de succès).

Baudis, naturellement, s’est défendu, est venu s’expliquer à la télévision (dans le journal de Claire Chazal sur Télé-Poubelle), et a commis l’erreur d’accuser dans un livre un gendarme qui aurait orienté le prétendu témoignage des deux prostituées – ce pour quoi, lui, Baudis, a été condamné pour diffamation en première instance et en appel, en 2006.

Mais enfin, tout le monde peut faire une erreur, et chacun a oublié cette histoire. Baudis a sans doute été l’un des hommes politiques les moins corrompus qui soient.

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