Élections : contraintes et menaces

Publié le par Yves-André Samère

Les élections en France sont régies, je n’ose pas dire perturbées, par deux lois dont tout le monde voit bien qu’elles sont stupides et ne tiennent que pour une seule raison : l’obstination dans l’erreur.

La première est celle qui oblige les organes d’information audio-visuels, et seulement ceux-là, à fournir le même temps d’antenne à tous les candidats, à la seconde près. Le résultat, nous l’avons tous vu : d’une part, les directeurs de chaînes se battent les flancs pour trouver un prétexte permettant d’inviter des candidats n’ayant rien dire, et, d’autre part, ils trichent en diffusant au milieu de la nuit les prestations de ces candidats inintéressants ; lesquels, ainsi, n’ont plus le droit de protester : les insomniaques et les veilleurs de nuit les ont vus et entendus. Au bilan, un procédé malhonnête pour faire respecter une règle idiote.

La seconde est celle qui interdit toute publication des résultats avant vingt heures par les seuls médias nationaux – les étrangers étant libres évidemment de faire ce qu’ils veulent –, même si l’étendue géographique de ce qui fut l’empire français a fait que certains citoyens ont commencé à voter dès hier après-midi, et que le dépouillement ayant eu lieu immédiatement et sur des populations peu nombreuses, les résultats de leurs votes sont connus depuis une bonne demi-journée. Mais, en attendant l’heure sacrée, les radios-télés de France en sont réduites à baratiner longuement, deux bonnes heures avant la publication officielle, sur la « participation au vote »… dont tout le monde se fout.

J’imagine que, comme moi, vous avez eu lesdits résultats avant 18 heures, en allant les chercher sur un site Internet basé en Belgique et facile à dénicher. Les menaces de sanctions démesurées qui frapperaient les contrevenants, bien entendu, ils s’en fichent bien, les journaux, radios, télévisions et sites Internet ayant leur siège à l’étranger. On imagine plutôt leurs responsables se tordant de rire devant notre esprit de sérieux qui nous ridiculise dans l’Univers entier.

Tout cela est absurde, mais on s’y cramponne, par la force, non de la logique, mais de l’habitude…

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