Elle se fiche Royalement de ses promesses

Publié le par Yves-André Samère

Au cas où vous auriez repéré, dans le personnel politique français, un personnage plus ridicule que Ségolène Royal, je suis preneur. Pas avare de promesses diverses, elle est aussi experte dans l’art de ne PAS les tenir, comme l’a rappelé ce matin Dominique Besnehard sur France Inter, lequel a naguère fait partie de son équipe de campagne, et a pu apprécier le cas qu’elle faisait de ses arguments électoraux une fois qu’ils ne lui étaient plus utiles, et des naïfs qui l’avaient aidée à battre l’estrade avec ces fadaises dont elle ne pensait pas un mot.

Nommée ministre au moment où Hollande venait de se débarrasser de son ennemie mortelle Valérie Trierweiler, elle a obtenu, faute de pouvoir s’asseoir dans le fauteuil de la présidence à l’Assemblée nationale, un poste de ministre de l’Écologie qui lui va comme un tablier à une vache, et où elle a commencé son numéro le plus connu : celui du renoncement masqué par de belles paroles. La première renonciation a concerné la célèbre écotaxe, dont les Bretons ne voulaient pas. On a donc supprimé l’écotaxe en Bretagne, mais cela ne suffisait pas, car les routiers des autres régions, moins favorisés, ont menacé d’une grève générale. Si bien que la glorieuse madone du Poitou a fait savoir que cette taxe était « suspendue sine die » – comprenez : mise au panier. Quant à  son projet de supprimer le péage pendant le week-end sur les autoroutes, si les gérants des stations d’essence l’auraient estimé génial, comme on dit dans les cours de récréation – tandis qu’il ferait grincer les dents des patrons des autoroutes... et de Manuel Valls, au cas où il se serait réalisé –, il a provoqué un énorme éclat de rire chez les gens qui réfléchissent et chez les écologistes (qui ne sont pas forcément les mêmes), car on ne peut rien imaginer de mieux pour réduire le nombre des embouteillages et atténuer la pollution.

Après cette mise en appétit, restait le gros morceau, la centrale nucléaire de Fessenheim, promise à l’extinction. Ici, une parenthèse : jamais je n’ai cru que ce pauvre Hollande, qui, pas plus que son prédécesseur, n’a la moindre conviction en matière d’écologie, tiendrait sa promesse de la fermer avant la fin de 2016. Dès le début, il était tout à fait évident, pour quiconque a un peu étudié la question, que c’était complètement impossible. Pour les raisons suivantes :

- cette centrale fournit en électricité toute la région, et un peu la région voisine, de l’autre côté de la frontière, en Allemagne ;

- l’Allemagne a participé financièrement à sa construction, il est donc utopique de prétendre se passer de son avis, et on devrait l’indemniser en cas de fermeture ;

- la centrale fournit du travail à des centaines de travailleurs locaux, et les impôts qu’elle paye font vivre la commune où elle est installée ;

- on ne « ferme » pas une centrale nucléaire comme on ferme une école ou un bureau de poste, en mutant ailleurs ceux qui y travaillent et en vendant les locaux à qui en voudra. La déconstruire, pour employer un mot à la mode, coûte presque aussi cher que la construire, car, outre les travaux du type chantier de (dé)construction, il faudra décontaminer tout ce qui a été en contact avec la radioactivité, et cela prendra des années, durant lesquels on devra payer les salaires (élevés) de ceux qui feront le sale boulot. Sans compter les déchets, qu’il faudra bien stocker quelque part ;

- enfin, on a fait à cette centrale une sale réputation, sous le prétexte qu’elle est âgée de trente-six ans – ce qui ne la rend pas dangereuse pour autant, et ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Autorité de Sécurité Nucléaire, qui a inspecté les lieux et a fait un rapport favorable : le 15 janvier 2013, son président, Pierre-Franck Chevet, a mis en doute la possibilité de démantèlement de la centrale à la date prévue par Hollande, et assuré que son arrêt définitif prendrait au moins cinq ans, donc jusqu’en 2018. Et dix jours plus tard, « Le Monde » publiait un mémoire interne du ministère de l’Écologie, datant d’octobre 2012, et qui plaidait pour une poursuite de l’activité de la centrale, qui ne présenterait pas de risques de sécurité.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :