Éloge d’Albert Algoud

Publié le par Yves-André Samère

Naguère, quand France Inter n’avait pas remplacé l’émission de Stéphane Bern, Le fou du roi, par le désastre radiophonique piloté par cette pauvre Isabelle Giordano, on pouvait encore entendre quelques animateurs de talent. Parmi eux, celui que je regrette le plus, c’est Albert Algoud.

Ah ! encore un de ces casse-pieds qui savait de quoi il parlait... Ancien professeur de français, Albert, qui ne se contente pas de tout savoir sur Tintin puisqu’il a aussi écrit un film sur la jeunesse d’Albert Simonin, y ouvrait rarement la bouche, et conséquemment s’abstenait de couper la parole à ses camarades pour conter ses aventures sexuelles ou lancer un calembour éculé – ce dont certains ne se privaient pas. Au contraire, lorsqu’il parlait, il avait le défaut de ne jamais proférer une ânerie. Ancien compère de Karl Zéro mais moins bateleur, lorsqu’on parlait de culture au Fou du Roi, il ne sortait pas son revolver. Si bien que, face à tant d’intelligence discrète, l’auditeur se posait la question : comment donc fait-il pour n’être jamais ennuyeux ? Les autres, on les entendait ; lui, on l’écoutait. La culture qui ne se prend pas au sérieux ? Nommez donc Albert à la présidence de Radio-France !

Aujourd’hui, Algoud a quitté France Inter, il est passé sur Le Mouv’, autre station de Radio France, où il a suivi son compère Daniel Morin. Mais qui diable sait sur quelle longueur d’ondes se trouve Le Mouv’ ?

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